Avec notre envoyée spéciale de retour de Marwanieh, Sophie Guignon
Sur les hauteurs de Marwanieh, au sud du Liban, l’hôtel Montana accueille depuis 2023 des déplacés des villages frontaliers. Les chambres décaties sont devenues un refuge permanent.
« On a installé un frigo, un réchaud, une machine à laver, des affaires et nos vêtements. On est les uns sur les autres. On est cinq à dormir ici », explique Hosna. Elle est originaire de Beit Lif, un village frontalier actuellement occupé par l’armée israélienne.
« Donne-moi ton téléphone. On regarde tout le temps les cartes sur les réseaux sociaux, ils ont tout détruit au bulldozer. Il n’y a plus une seule maison. Depuis le cessez-le-feu, les Israéliens détruisent tout », ajoute-t-elle.
« S’il n’y a plus d’êtres humains à tuer, ils commettent des crimes sur la pierre »
Derrière elle à Beit Lif, Hosna a laissé sa maison, ses souvenirs d’une vie mais aussi ses ancêtres qui y sont enterrés, comme sa mère décédée il y a quelques mois.
« Je pleure bien sûr, surtout qu’ils détruisent les cimetières », explique-t-elle. « Je suis dévastée. S’il n’y a plus d’êtres humains à tuer, ils commettent des crimes sur la pierre. »
Dans les villages frontaliers occupés, de nombreux lieux de cultes chrétiens ou musulmans et les cimetières ont été profanés par l’armée israélienne qui relaie en direct sur les réseaux sociaux son propre urbicide. Le déplacement forcé de civils et la destruction des infrastructures sont des crimes de guerre.
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