- Un homme et une femme âgés sont jugés à partir de mardi pour « homicides volontaires ».
- En 2017, six Gardois, dont deux adolescents, étaient morts dans leur logement de Saint-François que ces touristes avaient loué.
Deux hommes de 48 et 58 ans, deux femmes, des sœurs de 40 et 39 ans, et deux jeunes garçons de 16 ans et 12 ans, originaires du Gard, avaient perdu la vie dans ce drame. Plus de sept ans après un incendie meurtrier qui avait coûté la vie à six touristes, un homme de 35 ans et une femme de 36 ans seront jugés pour « homicides involontaires » à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre.
Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2018, un incendie s’était déclaré dans une location de vacances, à Saint-François, commune touristique de l’est de la Grande-Terre, en Guadeloupe. Il avait piégé ces deux couples et leurs enfants qui occupaient les lieux. Tous étaient décédés par asphyxie.
Intervention d’un tiers
L’alerte avait été donnée dans la nuit par l’un des occupants des autres appartements de la résidence. Alors que, dans un tout premier temps, la thèse d’un barbecue mal éteint avait été avancée par les enquêteurs, une première expertise diligentée par le parquet avait écarté cette piste, évoquant « l’intervention d’un tiers »
et une origine du feu du côté opposé de la terrasse. Une information judiciaire contre X pour homicide involontaire avait été ouverte quelques jours après le drame.
L’homme de 35 ans et la femme de 36 ans renvoyés en procès étaient les propriétaires de la maison où avait pris le feu, selon Alexandra Onfray, procureure adjointe du tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre. Selon le tribunal, ils sont poursuivis pour « homicides involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence » et « destruction involontaire du bien d’autrui par explosion ou incendie due au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence ».
Non-lieu d’abord, avant le renvoi devant la justice
Le procès devra notamment mettre en lumière « la présence et le fonctionnement, ou non, de dispositifs d’alerte incendie »,
selon la magistrate. Une troisième personne, un temps mise en examen dans le dossier, suspectée d’avoir fumé à proximité des lieux, a finalement bénéficié d’un non-lieu.
Le parquet de première instance, suivi par le juge d’instruction, avait requis un non-lieu général après plusieurs années d’enquête. Mais la chambre d’instruction, après appel des familles, avait finalement ordonné, le 26 juin 2025, le renvoi de l’affaire devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.
Au total, « plusieurs expertises différentes ont eu lieu, l’enquête a été longue et n’a pas permis de déterminer l’origine exacte du feu »,
a précisé à l’AFP Alexandra Onfray. Trente personnes se sont portées parties civiles dans ce dossier qui avait provoqué un vif émoi dans l’archipel.









