- Face à la crise au Moyen-Orient qui s’éternise, Sébastien Lecornu présente jeudi de nouvelles aides pour le mois de juin.
- Elles seront destinées aux secteurs les plus touchés par la hausse des prix des carburants.
- Des mesures dans la lignée de celles déjà mises en place pour les gros rouleurs.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
Comment aider dans un contexte budgétaire et alors que la crise au Moyen-Orient s’éternise ? C’est la difficile équation à laquelle doit répondre, jeudi 21 mai, le Premier ministre. Sébastien Lecornu doit présenter, en fin de journée, les nouvelles aides pour le mois de juin (nouvelle fenêtre) destinées aux secteurs les plus touchés par la hausse des prix des carburants.
Ces aides visent à « protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés des effets de la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés »,
selon Matignon. Des mesures dans la lignée de celles déjà mises en place ces dernières semaines. On vous récapitule qui a droit à quoi (nouvelle fenêtre) pour le moment.
Avance fiscale pour les taxis
Le 13 mai dernier, les ministères du Transport et du Commerce ont annoncé que l’État allait verser aux taxis une avance de trésorerie correspondant à une fraction de la taxe sur les carburants. Il s’agit d’un remboursement accéléré de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) alors que les professionnels bénéficient habituellement d’un remboursement correspondant à 50% de la TICPE acquittée l’année précédente.
Cette année, ils recevront en plus à partir de juin un remboursement anticipé au titre de la TICPE versée en 2026 correspondant à 25% du montant annuel de la taxe, ce qui correspond aux trois mois écoulés depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le 28 février.
Par exemple, pour un taxi percevant un remboursement annuel de TICPE d’environ 1.900 euros (cas moyen), ce remboursement anticipé représentera 475 euros, a précisé le ministère.
Subvention pour les transporteurs
Les transporteurs routiers bénéficient eux aussi d’une aide via une subvention directe, (nouvelle fenêtre) plafonnée à 60.000 euros par entreprise. Elle concerne les autocars, ambulances et véhicules sanitaires et les transporteurs routiers de marchandises. Les entreprises qui souhaitent la réclamer doivent s’enregistrer avant le 15 juin 2026.
Aides sur le carburant pour les pêcheurs et les agriculteurs
Secteurs particulièrement touchés par la crise et la hausse des prix du carburant, les pêcheurs et les agriculteurs bénéficient d’aides ciblées. Les premiers bénéficient pour le moment d’une aide de 20 centimes d’euro par litre de carburant acheté entre le 1ᵉʳ et le 30 avril 2026. L’ouverture du guichet pour cette aide est prévue le 1ᵉʳ juin pour un versement dans les quatre à six semaines après le dépôt de dossier.
Pour les agriculteurs, le montant d’accise actuellement en vigueur sur le GNR agricole est totalement pris en charge pour les consommations d’avril 2026 à condition que le montant n’excède pas 50.000 euros par entreprise. Le guichet pour les demandes est ouvert depuis le 5 mai et sera disponible jusqu’au 31 juillet pour un remboursement prévu environ dix jours après le dépôt d’un dossier complet.
Par ailleurs, ils bénéficient d’un coup de pouce de 15 centimes d’euro par litre de GNR agricole pour le mois de mai, de la prise en charge d’une partie des cotisations sociales à la Mutualité sociale agricole (MSA) et du report de ces cotisations et contributions sociales dues au titre de l’année 2026 et pendant une période de six mois.
Coup de pouce pour le BTP
Autre secteur touché par la crise, le BTP qui bénéficie d’une subvention calculée sur la base de la consommation mensuelle de GNR. Elle est ainsi de 20 centimes d’euros par litre facturé entre le 1ᵉʳ et le 31 mai avec un plafond de 40.000 euros par entreprise. L’ouverture du guichet pour ce coup de pouce est prévue pour le 8 juin avec une clôture au 3 juillet. Le versement devrait intervenir environ un mois après le dépôt du dossier.
Un « prêt flash carburant »
Créé début avril, ce « prêt flash carburant » a pour but de soutenir la trésorerie de certaines petites entreprises. Il s’adresse aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux transporteurs routiers, notamment aux petits transporteurs routiers, et aux taxis individuels. La mesure a été élargie récemment au secteur du BTP.
La mesure permet de prêter des sommes de 5.000 à 50.000 euros au taux de 3,8%, sans exiger de garantie, à certaines très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME).
50 euros pour les gros rouleurs
Le 22 avril dernier, le Premier ministre avait officiellement confirmé par un décret au Journal officiel la mise en place d’une aide de 50 euros pour les particuliers gros rouleurs. Elle est destinée aux travailleurs dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16.880 euros, et qui effectuent « plus de 15 km par trajet et par jour entre leur domicile et leur lieu de travail ou plus de 8.000 km par an dans le cadre de leur activité professionnelle »
, (cette condition incluant les trajets domicile-travail), selon le décret).
L’aide représente, en moyenne, 20 centimes d’euro par litre pour la consommation moyenne de carburant sur trois mois. Le formulaire pour la réclamer sera disponible à partir du 27 mai sur le site impots.gouv.fr pour une période de deux mois. Le versement interviendra « environ 10 jours après la validation »
de la demande et « directement sur le compte bancaire du bénéficiaire communiqué dans le cadre de l’impôt sur le revenu »,
détaille le gouvernement.
Le coût total de ces mesures, sans prendre en compte celles qui doivent être annoncées ce jeudi par le Premier ministre, s’élève à 470 millions d’euros, selon un chiffrage de Bercy.











