Ils sont déjà en route. Des militaires français se rendent au Groenland dans le cadre d’une mission militaire européenne qui démarre ce jeudi 15 janvier, au lendemain d’une rencontre à Washington entre responsables américains, danois et groenlandais ayant débouché sur un constat de « désaccord fondamental ». Le territoire arctique, sous souveraineté danoise, est convoité par le président Donald Trump.
La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège ont annoncé mercredi qu’elles allaient déployer du personnel militaire sur l’île pour une mission de reconnaissance. « De premiers éléments militaires français sont d’ores et déjà en chemin. D’autres suivront », a précisé le président français Emmanuel Macron sur X.
Le HuffPost fait le point sur ce que l’on sait.
• Une mission pour « soutenir le Danemark »
D’après une source au sein du ministère français des Armées, la mission s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance ».
Ces soldats sont déployés « en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime », a expliqué le ministère allemand de la Défense.
• Un nombre de militaires français non défini
Le déploiement militaire français comprend un nombre non précisé de membres d’unités de montagne aguerries aux climats froids, a appris l’AFP mercredi auprès de l’armée française, sans plus de précision.
Selon le ministère allemand de la Défense, cette « exploration du Groenland » aura lieu de jeudi à samedi. Une « équipe de reconnaissance » allemande, composée de 13 membres de la Bundeswehr, y participe.
La Suède va également y déployer quelques personnels militaires.
• Un rendez-vous peu concluant avec Washington
Le ministre danois et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt ont été reçus mercredi à la Maison Blanche par le vice-président J. D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio.
À l’issue de cette rencontre, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a dénoncé la volonté de Donald Trump de « conquérir » le Groenland. « Le président a clairement exprimé son point de vue, et nous avons une position différente », a-t-il dit à des journalistes. « Nous avons donc toujours un désaccord fondamental, mais nous acceptons également d’être en désaccord », a-t-il ajouté, annonçant la mise en place d’un « groupe de travail de haut niveau afin d’étudier si nous pouvons trouver une voie commune pour aller de l’avant ».
Quelques heures plus tôt, le président américain avait répété sur son réseau Truth Social que les États-Unis avaient « besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or que nous construisons ». C’est la première fois qu’il fait un lien entre ce gigantesque projet américain de bouclier antimissiles et la possession du territoire autonome danois.
• Un Conseil de défense à l’Élysée
Un Conseil de défense consacré aux manifestations en Iran réprimées par les autorités et aux menaces américaines de prise de contrôle du Groenland a été convoqué en urgence ce jeudi à 8 heures à l’Élysée. Il est présidé par Emmanuel Macron et rassemble les ministres concernés ainsi que les chefs militaires.
À l’issue de ce Conseil de défense, le chef de l’État doit se rendre sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône) pour y présenter ses vœux aux armées.












