Les dirigeants du parti néonazi grec Aube dorée, officiellement dissous en 2020, ont été reconnus coupables, mercredi 4 mars, « [d’]appartenance et de direction d’une organisation criminelle » par une cour d’appel d’Athènes. Celle-ci les jugeait notamment pour le meurtre d’un rappeur antifasciste, Pavlos Fyssas, commis en 2013.
Parmi les cadres, qui risquent des peines allant jusqu’à quinze ans de prison, figurent l’ancien fondateur et chef du parti, Nikos Michaloliakos, un mathématicien négationniste de 68 ans, ainsi qu’Ilias Kasidiaris, qui était le porte-parole de la formation, connu pour être un homme violent, nostalgique du IIIe Reich.
Outre le meurtre de Pavlos Fyssas, le passage à tabac de pêcheurs égyptiens, en 2012, et des tentatives d’homicides de syndicalistes communistes en 2013 font partie des crimes imputés à Aube dorée, qui était représentée au Parlement grec au plus fort de la crise financière, entre 2012 et 2015. A son apogée, le parti était le troisième plus grand groupe présent au Parlement, où il est resté jusqu’en 2019, avec 18 députés.
« Véritable enfant de l’idéologie nazie »
A l’automne 2020, à l’issue d’un premier procès long de cinq ans, soixante-huit membres de cette formation néonazie avaient déjà été condamnés pour avoir dirigé ou appartenu « à une organisation criminelle ». Les leaders, qui avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à treize ans et demi de prison, ont toujours nié toute implication dans les attaques qui leur ont été imputé. Selon eux, elles auraient été menées par des « escouades d’assaut » faisant partie du groupe.
La procureure de l’époque, Kyriaki Stefanatou, avait assuré que Nikos Michaloliakos exerçait « un contrôle total » et « avait pleinement connaissance de ce qu’il se passait » au sein du parti, notamment de ses actions violentes. Elle avait qualifié Aube dorée de « véritable enfant de l’idéologie nazie ».
Dans ses premières années, Aube dorée glorifiait Adolf Hitler dans ses publications partisanes, avant de modérer quelque peu sa communication, en se revendiquant comme un parti nationaliste. Le groupe avait tiré profit du mécontentement populaire face aux mesures d’austérité, et bénéficiait d’un soutien important parmi les policiers et certains hauts responsables de l’Eglise.













