Israël a annoncé dimanche 1er février la réouverture du poste de Rafah avec l’Egypte, vital pour l’entrée de l’aide humanitaire, mais cette réouverture sera « limitée au passage des habitants » du territoire palestinien.
« Conformément à l’accord de cessez-le-feu », le point de passage de Rafah, fermé depuis le printemps 2024, a rouvert dimanche « pour le passage limité des habitants », a annoncé le Cogat, organisme du ministère de la défense israélien supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés. « Dans ce cadre, une phase pilote initiale a commencé aujourd’hui en coordination avec la mission de l’Union européenne (EUBAM) et les autorités compétentes », ajoute-t-il.
Cette réouverture, prévue dans le cadre du plan Trump accepté en octobre, intervient dans le contexte d’un cessez-le-feu très précaire. Des frappes israéliennes samedi ont ainsi fait 32 morts, selon la défense civile de Gaza, dont des femmes et des enfants, Israël déclarant de son côté avoir mené des bombardements en réponse à des violations du cessez-le-feu.
« Une autorisation sécuritaire préalable »
Le passage de Rafah est le seul point d’entrée et de sortie entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël. Il est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024, à l’exception d’une réouverture limitée début 2025, dans le cadre d’une précédente trêve qui avait échoué.
Le passage ouvrira « dans les deux sens, pour un mouvement limité de personnes uniquement », avait fait savoir vendredi le Cogat. Il faudra « une autorisation sécuritaire préalable » des autorités israéliennes pour sortir et entrer dans la bande de Gaza, en coordination avec l’Egypte et sous la supervision de la mission de l’Union européenne dite EUBAM Rafah, selon le communiqué du Cogat.
Une source à la frontière égyptienne avait rapporté samedi à l’Agence France-Presse que la journée de dimanche serait essentiellement consacrée aux préparatifs et aspects logistiques, notamment l’arrivée d’une délégation de l’Autorité palestinienne.
« Aucun accord n’a pour l’instant été conclu sur le nombre de Palestiniens autorisés à entrer et à sortir », ont déclaré ces mêmes sources, précisant que l’Egypte prévoyait de permettre l’entrée à « tous les Palestiniens qu’Israël autorisera à sortir ».
Dans la bande de Gaza ravagée par plus de deux ans de guerre et en proie à une crise humanitaire majeure, nombre de Palestiniens espèrent pouvoir enfin sortir. L’ONU et nombre d’ONG internationales attendaient aussi avec impatience la réouverture, mais les restrictions annoncées par Israël sont loin de satisfaire à leurs demandes.
La réouverture de Rafah était attendue au cours de la première phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre mais a été repoussée.
Les Etats-Unis ont annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase alors qu’Israël et le Hamas s’accusent mutuellement et quotidiennement de violer le cessez-le-feu.













