- Mettant fin à un long suspense, Donald Trump a annoncé samedi 28 février lancer une opération « majeure » contre l’Iran, aux côtés d’Israël.
- Dans la foulée de cette annonce, le camp démocrate a fustigé une attaque « illégale et anticonstitutionnelle ».
- Plusieurs capitales ont aussi questionné la légalité de cette série de frappes, exhortant à respecter le « droit international ».
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Moyen-Orient : les États-Unis et Israël frappent l’Iran
Après avoir entretenu pendant des semaines le suspense autour d’une offensive, le chef de la Maison Blanche a franchi le pas. Donald Trump a annoncé ce samedi lancer des salves de missiles contre l’Iran (nouvelle fenêtre), aux côtés de l’allié israélien, qui ont fait des dizaines de morts selon Téhéran, qui riposte de son côté par des attaques contre plusieurs pays de la région (nouvelle fenêtre). Une opération dont la légalité a rapidement été mise en cause par ses opposants démocrates, mais aussi à l’international.
Ces derniers jours, le président américain soufflait le chaud et le froid sur ses intentions vis-à-vis de Téhéran, qu’il a récemment accusé de concevoir des armes capables de frapper les États-Unis. Vendredi, il affirmait encore ne pas avoir pris de « décision finale »
sur d’éventuelles frappes… avant de franchir le pas ce samedi, avec une opération « majeure »
contre l’Iran (nouvelle fenêtre). Dans les heures qui ont suivi cette annonce, alors que les républicains ont salué en majorité une opération « décisive »
, de nombreux démocrates ont eux condamné une attaque « illégale »
.
« Trump n’a pas demandé l’autorisation du Congrès », fulminent les démocrates
« À rebours des souhaits émis clairement par les Américains, le président Trump a lancé notre pays dans une guerre majeure avec l’Iran »
, a par exemple fustigé le sénateur Jack Reed, principal membre démocrate de la commission des forces armées au Sénat. « Une guerre pour laquelle il n’a jamais fait valoir ses arguments, pour laquelle il n’a jamais tenté d’obtenir l’approbation du Congrès, et pour laquelle
il n’a de plan en ce qui concerne son dénouement
(nouvelle fenêtre)«
, a-t-il encore cinglé, dans un communiqué.
« L’attaque militaire de Trump sur l’Iran est illégale et anticonstitutionnelle »
, a abondé le sénateur démocrate Ed Markey, estimant que « les actes illégaux de Trump font grimper la menace d’escalade »
, avec « des risques graves pour
les troupes et les civils américains dans la région
(nouvelle fenêtre)«
. « Donald Trump n’a pas demandé l’autorisation du Congrès avant de frapper l’Iran »
, a également insisté Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, cité par CBS News. (nouvelle fenêtre) Selon la Constitution américaine, cette institution est la seule habilitée à déclarer la guerre.
« En l’absence de circonstances exceptionnelles, l’administration Trump doit solliciter l’autorisation d’utiliser la force militaire préventivement, ce qui constituerait un acte de guerre »
, a-t-il ajouté, assurant par ailleurs que ses troupes étaient « déterminées »
à voter une résolution visant à mieux contrôler les pouvoirs du président, en particulier ses prérogatives en matière militaire.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, s’est défendue en assurant qu’avant le début de l’attaque, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait fourni « une notice au Congrès »
, comme l’exige la loi, en prévenant ses huit principaux responsables en matière de défense et de renseignement.
Norvège, Espagne, ONU… Des critiques s’élèvent à l’international
Les critiques ne se sont pas arrêtées aux frontières des États-Unis : à l’international, plusieurs pays ont émis de sérieux doutes sur le cadre légal de ces frappes. Présentées par Israël comme « préventives »
(nouvelle fenêtre), elles ne sont « pas conformes »
au droit international, car « une attaque préventive suppose l’existence d’une menace imminente »
, a souligné le chef de la diplomatie norvégienne, Espen Barth Eide, dans un courriel envoyé à l’AFP.
D’autres capitales européennes ont aussi exhorté à respecter le cadre légal, mais sans cibler uniquement Washington. Sur X, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rejeté tant « l’action militaire unilatérale des États-Unis et d’Israël »
, que « les actions du régime iranien »
. « Nous exigeons une désescalade immédiate et le plein respect du droit international »
, a-t-il ajouté. La Suisse « appelle au plein respect du droit international, y compris de la Charte des Nations Unies et du droit humanitaire international »
, a également déclaré son ministère des Affaires étrangères, sur le même réseau.
Sur la même ligne, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rappelé dans un communiqué que « tous les États membres doivent respecter leurs obligations
en vertu du droit international
(nouvelle fenêtre), y compris la Charte des Nations Unies »
, laquelle « interdit clairement
le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État«
. « Il n’existe aucune alternative viable au règlement pacifique des différends internationaux, en pleine conformité avec le droit international »
, a encore martelé le chef de l’organisation.
Autant de critiques qui ont peu de chances de troubler le chef de la Maison-Blanche, qui avait déjà mené une série de frappes sur l’Iran en juin dernier. Début janvier, la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro avait aussi suscité un vent d’indignation. « Je n’ai pas besoin du droit international »
, avait balayé Donald Trump quelques jours après dans une longue interview au New York Times
, au cours de laquelle il affirmait également que sa « propre moralité »
était « la seule chose »
qui puisse mettre un frein à ses actions à l’étranger.













