- Les Etats-Unis et Israël ont mené de multiples frappes sur l’Iran ces dernières heures.
- La République islamique a répliqué en lançant des missiles sur de nombreux pays du Moyen-Orient.
- Que vise Donald Trump avec cette opération ? À quoi s’attendre dans les prochains jours ? TF1info fait le point.
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Moyen-Orient : les États-Unis et Israël frappent l’Iran
3 heures du matin, Mar-a-Lago, en Floride. Depuis sa résidence personnelle, où il passe le week-end, Donald Trump, casquette siglée « USA » sur le crâne, lance un avertissement : les premières frappes américaines dont il vient d’ordonner le lancement sur l’Iran ne sont qu’un début. « Des bombes vont tomber partout
« , certifie le président américain, dans un message vidéo enregistré un peu plus tôt dans la soirée. Moins d’un an après l’opération « Midnight Hammer » contre la République islamique, le locataire de la Maison-Blanche prépare les Américains à la guerre.
Et ce, malgré les risques pour les militaires de l’US Army présents dans la région, qu’il assume par avance. « La vie de courageux héros américains pourrait être perdue, et nous pourrions déplorer des pertes, c’est ce qui arrive à la guerre
« , a-t-il admis. Depuis cette courte allocution, le Moyen-Orient est plongé dans une tension maximale. Washington, aidé par Israël, a mené des bombardements dans différentes régions iraniennes. En représailles, l’Iran a lancé des missiles dans de nombreux pays de la région : Arabie saoudite, Jordanie, Koweït, Qatar, Emirats arabes unis.
Un recours à l’armée de terre américaine peu imaginable
Jusqu’où Donald Trump est-il prêt à aller après cette première journée d’intenses bombardements ? Alors que les frappes se poursuivent dans la région, difficile de répondre à cette question pour le moment. Une chose est certaine : le président américain paraît avoir renoncé une fois pour toutes à la voie diplomatique. Tandis qu’Israël poussait ces dernières semaines pour une nouvelle intervention armée contre Téhéran, Donald Trump a longtemps privilégié des négociations avec le pouvoir iranien pour éviter un tel scénario, jusqu’à une dernière phase de discussions ce jeudi à Genève, et alors qu’une autre se profilait la semaine prochaine. « Nous avons cherché à plusieurs reprises à conclure un accord
« , a assuré le président américain dans son message vidéo. « Nous avons essayé. Ils voulaient le faire, puis ils ne voulaient plus le faire. Encore une fois, ils voulaient le faire, puis ils ne le faisaient pas. (…) Ils voulaient simplement pratiquer le mal.
«
L’option militaire dorénavant enclenchée, le premier objectif américain est la neutralisation totale de l’arsenal iranien. Dans cette optique, Washington devrait avant tout s’appuyer sur son armée de l’air et sa marine, plutôt que des troupes au sol. « Les opérations terrestres, pour l’instant, sont exclues pour plusieurs raisons
« , notamment « politiques
« , explique Elizabeth Sheppard Sellam, maîtresse de conférences à l’université de Tours et spécialiste des relations internationales, dans le sujet du 13H à retrouver en tête de cet article. « On sait que c’est quelque chose qui passe mal aux Etats-Unis.
» La spécialiste note d’ailleurs que des « mouvements de troupes de l’armée de terre importants
» n’ont pas été constatés dans la région.
Des cibles militaires prioritaires
Pour Donald Trump, les actions en cours visent à « éliminer des menaces imminentes
» pour la sécurité américaine et de ses alliés. Dans son discours, il a de nouveau évoqué le risque des missiles balistiques iraniens, qui pourraient selon lui être en mesure de toucher « bientôt
» le territoire américain – en dépit du scepticisme des experts militaires sur cette affirmation. « Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie balistique. Elle sera, je le répète, totalement anéantie
« , a-t-il souligné. Avant d’ajouter : « Et nous veillerons à ce que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire.
»
En juin dernier, une première salve de frappes américaines avaient déjà touché les sites militaires de Natanz, Fordo et Ispahan, liés au programme atomique de Téhéran. Les capacités nucléaires du pays avaient alors été complètement « anéanties
« , selon Donald Trump, même si l’ampleur des dégâts réels sur ces installations liée à cette intervention est restée floue. Avec cette nouvelle opération, l’administration républicaine semble donc chercher à mettre un terme une fois pour toutes à la possibilité pour l’Iran de développer ce type d’arme.
Attaquer l’Iran pour faire tomber le régime islamique ?
Un mois et demi après le mouvement de contestation du pouvoir islamique (nouvelle fenêtre) réprimé dans le sang, le régime dirigé par l’ayatollah Khamenei (nouvelle fenêtre) peut-il chuter à la faveur de cette intervention ? Dans message, Donald Trump a exhorté la population du pays à se préparer à agir dans ce sens. « Au grand et fier peuple iranien, je dis ce soir que l’heure de votre liberté est proche. Lorsque nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement
« , a -t-il déclaré. Reza Pahlavi (nouvelle fenêtre), le fils du dernier chah d’Iran, délogé du pouvoir par la révolution islamique de 1979, a également appelé les habitants à « retourner dans les rues
« .
« En lançant une attaque conjointe massive avec Israël contre l’Iran, Trump parie qu’il peut infliger suffisamment de dégâts aux institutions sécuritaires et politiques fondamentales de la République islamique pour faire tomber le régime
« , explique le chercheur américain et spécialiste de l’Iran Nate Swanson sur le site de l’Atlantic Council (nouvelle fenêtre), un influent think tank outre-Atlantique. « En choisissant de déclencher cette guerre, Trump a rompu avec sa politique habituelle d’actions décisives assorties de possibilités de repli immédiates et sans heurts.
» L’expert se questionne notamment sur la crédibilité de « défections importantes au sein de l’appareil sécuritaire iranien
« , indispensable à une réussite d’un soulèvement populaire contre le régime.
Le pouvoir iranien semble en tout cas se préparer à un conflit long. « Selon les informations obtenues de ces deux régimes corrompus, leurs opérations continueront à Téhéran et dans certaines villes
« , a dénoncé le secrétariat du conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, un organe directement relié au pouvoir des mollahs.










