Le procès qui s’ouvre ce lundi 2 mars devant la cour criminelle départementale de Paris concerne trois femmes qui accusent Tariq Ramadan de viols, survenus en 2009, 2012 et 2016, à Lyon et à Paris.
Absent dès l’ouverture du procès pour cause d’hospitalisation en Suisse, Tariq Ramadan, déjà condamné par la justice helvète pour un viol sur une autre femme, était censé comparaître jusqu’au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels. La tenue du procès est donc incertaine.
Une possible violation du contrôle judiciaire
L’avocat général, Philippe Courroye, a demandé que soit émis un mandat d’arrêt et que soit diligentée une nouvelle expertise pour savoir si son état de santé est compatible ou non avec sa comparution. Il a estimé qu’il était « en violation de son contrôle judiciaire », qui lui impose notamment d’informer l’autorité judiciaire de tout déplacement hors de France.
Me Marie Burguburu, l’une des conseils de Tariq Ramadan, a demandé à la présidente de la cour de renvoyer le procès « pour qu’il puisse être en état de comparaître ». Elle a expliqué que son client, qui souffre d’une sclérose en plaques, vivait à la frontière avec la Suisse et effectuait « depuis des mois » des visites à Genève au chevet de sa mère, âgée de 93 ans. Son hospitalisation a eu lieu au cours d’un de ces déplacements en raison d’une aggravation de son état, selon les explications de Me Marie Burguburu.
La cour a laissé toutes les parties s’exprimer sur cette absence. Puis a suspendu en fin de matinée l’audience pour permettre aux avocats de Tariq Ramadan de réunir toute une série de pièces justifiant son état de santé et son hospitalisation, afin de pouvoir prendre une décision sur un report éventuel.
Six ans d’enquête et quatre plaignantes initiales
Après six ans d’enquête, les juges d’instruction avaient renvoyé Tariq Ramadan devant la justice pour des viols sur 4 femmes au total, mais la décision contestée par sa défense et par le parquet avait conduit la cour d’appel à mettre de côté l’une des plaignantes.
Une ancienne escort-girl, d’après les magistrats, n’était pas comme les autres sous « contrainte morale », l’une des composantes de la définition du viol, avant qu’elle ne soit élargie en novembre 2025 par la notion de consentement.










