mercredi, mai 27

  • L’Union nationale des associations familiales (Unaf) dénonce ce mercredi les frais bancaires sur les saisies de compte, qui représentent « plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour le secteur bancaire ».
  • Elle juge indispensable « d’encadrer plus strictement les frais bancaires » qu’entraînent les saisies, pour compte pour protéger les consommateurs.
  • La Fédération bancaire française se défend en assurant que « le travail réalisé par un établissement bancaire est bien réel quel que soit l’aboutissement de la demande pour le créancier ».

Les saisies de compte donnent lieu à trop de frais bancaires, estime l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Factures d’hôpital ou de cantine non réglées, amendes ou loyers impayés : l’Unaf estime qu’il y a eu « plus de 20 millions d’actes de saisie sur compte de particuliers en 2025 », indique-t-elle dans un communiqué ce mercredi 27 mai, regrettant que cela fragilise particulièrement les clients en difficulté financière.

Aussi, la tendance est à la hausse, estime-t-elle, car rien que pour le recouvrement des amendes et des condamnations pécuniaires, « le nombre de saisies émises par l’administration a été multiplié par trois entre 2019 et 2025 ». Or, quand un compte bancaire est saisi par le Trésor public ou un commissaire de justice, la banque facture des frais bancaires spécifiques à son client pour le traitement de cet acte.

Jusqu’à 250 euros pour une saisie-attribution de compte

La majorité des banques facturent à leurs clients plus de 100 euros de frais pour une saisie-attribution et jusqu’à 250 euros pour certaines, selon une étude de l’Unaf auprès de 101 établissements bancaires en France. Seules 25% des banques protègent les clients détenteurs de l’Offre Client Fragile (OCF), réservée aux personnes en situation de fragilité financière.

De plus, quand le solde du compte est insuffisant, quatre banques sur cinq appliquent la même tarification, que la saisie aboutisse ou non. Si l’opération est renouvelée mois après mois, une dette non remboursée peut générer « des frais bancaires supérieurs au montant de la dette », constate l’association.

C’est pour ces raisons que l’Unaf juge indispensable « d’encadrer plus strictement les frais bancaires » qu’entraînent les saisies pour compte, pour protéger les consommateurs, « comme cela a déjà été fait pour les frais de saisie administrative à tiers détenteur ». L’Unaf préconise également de « limiter les frais facturés en cas de saisie inopérante », de renforcer la protection des clients en situation de fragilité financière et d’instaurer un « plafond annuel de frais de saisie ».

Des frais qui représentent « plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour le secteur bancaire »

« Ces frais représentent chaque année plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour le secteur bancaire. Le modèle économique de la banque de détail ne peut pas continuer à peser sur les clients en difficulté financière, au risque d’aggraver encore leur situation sans même favoriser le remboursement effectif des dettes », plaide l’Unaf.

La Fédération bancaire française a pour sa part expliqué dans une déclaration que ces saisies « mobilisent des compétences humaines particulières, un système d’information adapté et exposent les établissements à un risque opérationnel élevé, notamment à l’ère du virement instantané ».

« Une rémunération inadaptée de ces opérations alors que les coûts de traitement sont bien réels transférerait la charge financière des manquements des débiteurs vers d’autres clients et vers des arbitrages négatifs en termes d’investissements et de gestion humaine au sein des banques », ajoute la FBF.

De plus, « le travail réalisé par un établissement bancaire est bien réel quel que soit l’aboutissement de la demande pour le créancier », et engendre des coûts opérationnels « indépendamment du caractère opérant ou non de la mesure », fait valoir la Fédération.

La rédaction de TF1info avec AFP

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