- Le commandant du Tagor a été placé en garde à vue mardi, a annoncé le procureur de Brest.
- Ce pétrolier de la flotte fantôme russe a été arraisonné dimanche dans l’océan Atlantique par la marine française.
- Le commandant, comme l’armateur « en cours d’identification », encourt un an de prison et 150.000 euros d’amende, ainsi que la confiscation du navire.
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Le commandant du pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné dimanche dans l’océan Atlantique par la marine française, le quatrième depuis septembre 2025, a été placé en garde à vue mardi, a annoncé le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger. Cette garde à vue « reste en cours, confiée par nos soins à la gendarmerie maritime »
, a précisé le magistrat dans un communiqué diffusé mercredi 3 juin.
Défaut de pavillon et refus d’obtempérer en mer
Arraisonné à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l’ouest de la Bretagne, le Tagor, un pétrolier de 241 mètres, est arrivé mardi matin en baie de Douarnenez (Finistère), où il doit être immobilisé le temps de l’enquête. Le commandant de nationalité russe encourt un an de prison et 150.000 euros d’amende pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer en mer, ainsi que la confiscation du navire. L’armateur, « en cours d’identification »
, encourt des peines semblables, a précisé le magistrat.
Dans une déclaration diffusée sur la messagerie Telegram, l’ambassade de Russie en France a dit avoir exigé « qu’un accès consulaire soit immédiatement accordé »
au commandant et « que sa libération intervienne dans les plus brefs délais »
, qualifiant les poursuites d’« accusations infondées »
. Le Kremlin avait déjà qualifié lundi l’arraisonnement du pétrolier d’opération « à la limite de la piraterie internationale »
, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov.
Soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien
En provenance du port russe de Mourmansk, le Tagor se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun quand la marine française a voulu vérifier la régularité de son pavillon. Le commandant a alors refusé d’obtempérer aux consignes des militaires français, ce qui les a conduits à prendre le contrôle du pétrolier, selon le procureur. « Les conditions de vie à bord ont pu être vérifiées »
et « une visite administrative de sécurité se déroule actuellement (…) parallèlement aux investigations judiciaires »
, a également détaillé le magistrat.
Sous sanctions des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni, le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment celui de Madagascar, des Iles Marshall ou du Panama. Selon le site Opensanctions.org, le navire, soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien, serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, fils d’un proche conseiller de l’ancien guide suprême Ali Khamenei.











