- À l’heure où l’envolée des prix des carburants inquiète le monde, un pays reste serein : la Chine.
- Regardez cet étonnant reportage à Pékin des correspondants de TF1.
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La voiture électrique, le véhicule de demain ?
En Chine, on repère les voitures électriques à leurs plaques d’immatriculation vertes, et il y en a de plus en plus. Il faut dire qu’en 2025, plus de la moitié des voitures vendues dans le pays étaient des véhicules électriques. Lyon Li, qui témoigne dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article, a acheté la sienne il y a quatre ans.« C’est très pratique. Nous ne sommes pas affectés par le prix de l’essence. Dans notre quartier, au moins la moitié des voitures sont électriques »,
dit-il face à notre caméra.
Hormis le fait de ne plus passer à la pompe à essence, en Chine, les conducteurs de voiture électrique n’ont pas besoin non plus de brancher un câble pendant des heures pour recharger leur batterie. Ici, en quelques minutes, une machine retire la batterie vide et la remplace par une pleine. « L’échange de batterie m’a coûté l’équivalent de 15 euros. Je peux rouler environ 630 km avec une batterie pleine »
, assure Lyon Li. Cette technologie est disponible partout dans le pays et contribue au succès de l’électrique.
Voilà 40 ans que la Chine travaille à réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole.
Voilà 40 ans que la Chine travaille à réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole.
François Lenglet, spécialiste économie de TF1
Résultat, la Chine est aujourd’hui moins frappée que les autres par la crise pétrolière. « Voilà quarante ans que la Chine travaille à réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole avec le charbon, dont elle est le premier producteur mondial, mais surtout avec le nucléaire, elle possède plus de soixante réacteurs et une cinquantaine sont en construction. Et puis il y a les énergies renouvelables : en 2024, elle a installé davantage d’éoliennes et de panneaux solaires que le reste du monde »,
expliquait dimanche soir le spécialiste économie de TF1 François Lenglet sur le plateau du 20H d’Anne-Claire Coudray (voir la vidéo ci-dessous).
Pourquoi la Chine est moins touchée par la crise pétrolière ? La mise au point de François LengletSource : JT 20h WE
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Pourquoi la Chine est moins touchée par la crise pétrolière ? La mise au point de François Lenglet
Ces dix dernières années, l’Empire du Milieu a en effet multiplié par quatre ses installations d’énergie renouvelable, comme cette méga-ferme de panneaux solaires au sud-ouest du pays que montre notre reportage. Une alternative au pétrole qui gagne du terrain et qui satisfait notamment les livreurs, à l’heure où le prix des carburants s’envole. « À Pékin, ça n’a pas d’impact, car ici, tous les véhicules de livraison fonctionnent à l’électricité »
, se félicite M. Geng, qui assure les distributions de colis.
Et du côté des consommateurs, comment la hausse du prix du pétrole se traduit-elle sur les factures, dans un pays où plus de huit achats sur dix se font en ligne ? « Les tarifs des livraisons ont baissé. La concurrence entre les entreprises du secteur est assez forte »,
avance M. Geng, qui livre 500 à 600 paquets chaque jour. Pas de crainte en effet, comme l’avance cette jeune femme : « J’ai continué à faire nos achats normalement, je n’ai pas vu le moindre changement »,
affirme-t-elle.
Pour autant, l’essence n’a pas complètement disparu du quotidien des Chinois. Même si les conducteurs de voiture thermique sont de moins en moins nombreux, l’État en prend soin. « La Chine vient d’adopter des mesures d’encadrement des prix de l’essence pour baisser artificiellement les prix à la pompe »,
indique Louise Malnoy, la correspondante de TF1/LCI, en prenant l’exemple d’une station-service. « Elle affiche 9,12 yuan le litre de Sans Plomb 95, ça équivaut à 1,14 euro. Elle aurait dû pratiquer un prix équivalent à 1,28 euro sans l’intervention de l’État »,
pointe-t-elle. Un choix qu’approuvent les automobilistes : « Même si le prix du pétrole en Chine n’est pas le plus bas au monde, il reste relativement acceptable par rapport à l’Europe. D’autant plus que la Chine dispose de ressources pétrolières abondantes »,
souligne l’un d’eux. Cette mesure allège le portefeuille des Chinois de 6,50 euros par plein.
En plus de miser sur la diversification de ses approvisionnements énergétiques, l’Empire du Milieu intervient pour amortir le choc de la guerre en Iran.











