Fiona Mille aime rappeler d’où elle vient. « Je suis originaire du bassin minier du Nord. Les terrils de charbon ont davantage marqué ma petite enfance que les grands sommets », écrit-elle dès les premières lignes de son livre, Réinventons la montagne (Editions du Faubourg, 2024). Un ancrage qui pourrait surprendre. Aujourd’hui, Fiona Mille consacre sa vie à la protection d’un territoire tout autre, la montagne. Mais aussi éloignés qu’ils puissent paraître, son milieu d’origine et son territoire d’adoption partagent une problématique commune. « Qui sommes-nous quand l’industrie qui nous définit disparaît ? », résume la jeune femme de 29 ans, qu’on rencontre à Paris, où elle est venue présenter son ouvrage. « La fermeture des mines fut une crise économique, sociale, mais aussi culturelle. C’est une identité qui a été remise en question », souligne la petite-fille de mineur.
Il en va de même pour la raréfaction de l’or blanc – cette neige qu’on voit fondre d’année en année, et qui a apporté argent, confort et modernité dans les vallées. « Quel avenir pour nos territoires de montagne, historiquement façonnés par le ski et la neige ? Quelles activités développer pour préserver l’emploi, le dynamisme des vallées et la ressource en eau face au recul de la neige et des glaciers ? », s’interroge la présidente de Mountain Wilderness France. A travers la principale association française de défense des milieux montagnards, Fiona Mille combat la bétonisation des massifs et prône un modèle touristique qui ne repose pas uniquement sur les sports d’hiver.
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