- Jouer à la bagarre, souvent mal perçu, pourrait avoir des bienfaits insoupçonnés.
- Les experts soulignent son rôle dans la confiance en soi et le développement des enfants.
- Ils préconisent de bien encadrer ces jeux et d’assurer la sécurité des enfants.
Chahuter ou jouer à la bagarre est souvent perçu comme de la violence par les parents. Et malgré les interdictions, les enfants adorent ces jeux et s’y adonnent dès lors que leurs parents ont le dos tourné. Pourtant, les chahuts, batailles et autres jeux considérés comme risqués pourraient être d’excellentes activités pour les enfants. En effet, dans leur ouvrage « The Art of Roughhousing » paru en 2024, Lawrence J. Cohen, psychologue, et Anthony T. DeBenedet, médecin, expliquent que ces jeux permettent aux enfants de s’intégrer socialement et de prendre confiance en eux. Selon les spécialistes, « jouer à la bagarre » serait un moyen de maîtriser et contrôler leurs impulsions, de renforcer leurs aptitudes cérébrales et d’activer les régions du cerveau responsables de la mémoire, du langage et de la logique. Sur son site Internet, la thérapeute Laetitia Bluteau indique que cette activité physique permet aussi de développer leur motricité, travailler l’estime de soi et « remplir leur réservoir d’attachement
« . Bien sûr, à condition de s’assurer que chacun soit en sécurité et de s’arrêter immédiatement lorsque quelqu’un s’est fait mal.
Un lien entre les jeux turbulents et les comportements sociaux ?
En observant le comportement des animaux, plusieurs scientifiques ont remarqué que nombre d’entre eux se battent pour jouer et non pas s’entretuer. « Si vous avez déjà regardé des enfants se battre, vous avez probablement observé les mêmes règles »
, note Sergio Pellis, neuroscientifique canadien interrogé par National Geographic. Il poursuit : « À l’âge de 2 ou 3 ans, les enfants se livrent à des jeux turbulents où ils essaient de se mordre. Je pense que les humains ont conservé certains des réflexes de morsure, typiques de leurs ancêtres les singes
« . Pour comprendre les bienfaits du jeu de la bagarre, des chercheurs sont allés jusqu’à empêcher des jeunes rats de se mordiller (comportement normal chez ces animaux). À l’âge adulte, ils ont montré des signes d’anxiété et ils réagissaient de manière excessive ou défensive lorsqu’ils rencontraient d’autres rats. D’autres rongeurs semblaient incapables de s’accoupler avec des femelles. Pour le neuroscientifique, « les combats simulés ne consistent pas réellement à pratiquer ses techniques de combat, mais ils aident à entraîner son cortex préfrontal à déterminer : ‘Comment dois-je adapter mon comportement à la situation ?’
« . Pour les scientifiques, priver les enfants de jouer des jeux turbulents pourrait avoir des effets sur leurs rapports avec les autres à l’adolescence ou à l’âge adulte. Néanmoins, ils ne possèdent pas encore de preuve validant cette hypothèse et estiment que des études supplémentaires doivent être menées.









