Cet article est tiré de notre supplément « Le Goût de M », consacré à la montagne, en vente sur la boutique du Monde.
Réglée comme un coucou suisse, Fanny Dreyer dévale chaque matin à 6 heures les escaliers de son triplex situé dans le quartier de Forest, à Bruxelles, pour gagner le bois de la Cambre. C’est l’immuable rituel de la Fribourgeoise, ses baskets aux pieds, pour embrasser le jour. Cette fille des montagnes, arrivée au plat pays en 2007 pour étudier l’illustration à l’Académie royale des beaux-arts, considère que la course de fond requiert les mêmes qualités que son métier d’autrice et illustratrice : « La régularité, l’endurance, l’autodiscipline et la curiosité, mais aussi une bonne gestion du temps et le goût du travail en solitaire. »
Cet automne, la trentenaire a publié son treizième livre, Au pied des montagnes (Versant Sud), adaptation d’une pièce pour jeune public créée à Bruxelles en 2020 par les dramaturges Sarah Hebborn et Gwendoline Gauthier, coautrices de l’ouvrage. Inspiré par les paysages alpins des précédents ouvrages de Fanny Dreyer, le duo lui avait alors confié la scénographie du spectacle. Destiné aux enfants âgés de 6 ans et plus, l’album narre l’épopée de Kuzma, qui, prise au piège du fascisme, doit fuir de l’autre côté des montagnes, où sont entassés les « cœurs de pierre », ces humains transformés en roche pour avoir perdu leur empathie.
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