- L’institut européen Copernicus publie, ce mercredi, son rapport annuel sur l’état du climat en Europe.
- Le Vieux Continent est toujours celui qui se réchauffe le plus vite sur la planète.
- Avec des impacts sur les populations et la biodiversité.
Suivez la couverture complète
Notre planète
Moins de glace, des températures atmosphériques dangereusement élevées, des inondations importantes suivies de sécheresses intenses, de vagues de chaleur et d’incendies records. Ce n’est pas ici la photographie de ce qui vous attend dans le futur avec le changement climatique, mais bien l’année vécue par les Européens en 2025.
Un constat clair dressé par l’observatoire européen pour le climat Copernicus qui publie, mercredi 29 avril, son rapport sur « l’état du climat » sur le Vieux Continent (nouvelle fenêtre) pour l’année dernière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas particulièrement réjouissant.
Car en 2025 les mauvaises nouvelles sur le front du changement climatique se sont un peu enchaînées. Températures anormales, vagues de chaleur record, perte de masse pour les glaciers, incendies jamais vus ou rivières à sec… « L’Europe
est le continent qui se réchauffe le plus rapidement
(nouvelle fenêtre) et les conséquences sont déjà graves »,
alerte dans un communiqué Florian Pappenberger, directeur général du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme.
Des changements (trop) rapides
La situation est particulièrement inquiétante dans les régions les plus froides, dans l’Arctique et les Alpes, où la neige et la glace jouent un rôle essentiel dans le ralentissement du changement climatique en réfléchissant la lumière du soleil dans l’espace grâce à l’effet albédo. Le Groenland a ainsi perdu près de 139 gigatonnes de glace en 2025, soit environ 1,5 fois la quantité de glace stockée dans tous les glaciers des Alpes européennes.
« En 2025, la Norvège, la Suède et la Finlande subarctiques ont connu la pire vague de chaleur jamais enregistrée, avec 21 jours consécutifs et des températures dépassant les 30 °C à l’intérieur même du cercle polaire arctique »
, pointe Florian Pappenberger.
Les glaciers alpins ont aussi souffert en 2025 : ils ont subi une perte nette de masse dans toutes les régions européennes, « l’Islande enregistrant la deuxième perte de glacier la plus importante jamais enregistrée »,
pointe le service Copernicus sur le changement climatique (C3S).

La conséquence directe des températures bien trop chaudes sur le continent. Ainsi, l’an passé, « au moins 95% de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne »
, pointe le rapport de C3S, alors que l’Europe connaît de moins en moins de journées d’hiver avec des températures glaciales.
En raison de ces données et de précipitations plus faibles, la surface enneigée en Europe en mars 2025 était 1,32 million de km² inférieure à la moyenne, soit une perte équivalente à la surface combinée de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche. « Il s’agit de la troisième étendue de neige la plus faible depuis le début des relevés en 1983 »
, pointe C3S.
Océan trop chaud et alerte pour la biodiversité
Parmi les autres faits notables de l’année 2025, la région océanique européenne qui a connu la température annuelle de surface de la mer la plus élevée jamais enregistrée. C’est la quatrième année consécutive que ce record est ainsi battu. « Cette tendance à long terme
a des répercussions négatives sur la biodiversité
, les espèces et les habitats »
, pointe le rapport. Les vagues de chaleur marine ont ainsi touché 86% de la région océanique de l’Europe.
Les cours d’eau ont également souffert : 70% ont connu des débits inférieurs à la moyenne, tandis que cette année a été l’une des trois années les plus sèches en termes d’humidité des sols depuis 1992. En mai 2025, près de la moitié de l’Europe a été touchée par la sécheresse.
Une situation – combinée à des vagues de chaleur importantes – qui a entraîné une activité record de feux de forêt en Europe. « Au total, une superficie record d’environ 1.034.000 hectares a brûlé en Europe – une superficie plus grande que Chypre – et les émissions dues aux incendies de forêt ont atteint leur niveau le plus élevé jamais enregistré »
, détaille Copernicus, avec l’Espagne qui a payé un lourd tribut (nouvelle fenêtre).
Outre ce pays, Chypre, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne ont enregistré leurs plus fortes émissions de feux de forêt.
« Avec l’augmentation des températures, la généralisation des incendies et des sécheresses, les preuves sont sans équivoque : le changement climatique n’est pas une menace future, il est notre réalité actuelle »
, avertit Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au CEPMMT. Avec un message clair : il y a urgence à agir.




