Le chef de la milice Fano, Zemene Kassie, a annoncé officiellement de nouvelles alliances, y compris avec les forces du Tigré, dans le nord du pays.
Joint par RFI, Yohannes Woldemariam, spécialiste de l’Éthiopie et de la Corne de l’Afrique rattaché à l’Université du Colorado, aux États-Unis, estime cette entente inédite : « Ils se sont battus avec le Tigré, ils ont toujours des disputes territoriales avec le Tigré, mais ils ont décidé de passer outre cela pour faire un front uni. Ils considèrent aujourd’hui que c’est le Premier ministre Abiy Ahmed qui représente le vrai danger et qu’il est urgent de s’en débarrasser ».
Lors de la guerre civile, entre 2020 et 2022, dont le bilan humain est estimé à 600 000 morts, les combattants amharas s’étaient en effet joints aux forces du Premier ministre Abiy Ahmed, en poste depuis 2018, contre les soldats tigréens, une hostilité que les groupes armés, autrefois ennemis, semblent donc avoir décidé de mettre en pause.
De quoi inquiéter fortement le pouvoir central, selon Yohannes Woldemariam : « Le Parti de la prospérité d’Abiy Ahmed est en train d’essayer de semer la discorde entre les Amharas et les Tigréens en créant des attaques, mais cela ne semble pas fonctionner ».
Pour lui, ces nouvelles alliances représentent une réelle menace pour Addis Abeba, et peuvent mener à des affrontements de grande ampleur, avec la possibilité de déstabiliser toute la région.
À lire aussiÉthiopie: les autorités fédérales dénoncent une entente entre factions rebelles amhara et tigréenne

