Les progressistes s’attendaient à un écart à deux chiffres. Un résultat qui leur aurait permis de s’imposer comme la force dominante dans le Michigan, État clé pour reprendre le contrôle du Sénat en novembre, puis de la Maison Blanche dans deux ans. Surtout, c’est un résultat qui leur aurait permis de plier le match face à l’aile modérée du parti, après leurs succès à New York, en Californie, dans le Maine et le Colorado.
Ils n’obtiennent finalement qu’une victoire sur le fil. Tout en enregistrant dans le même temps une défaite dans le Missouri. Les questions qui divisent les démocrates, fracturés plus que jamais, restent donc en suspens. Notamment sur la question du soutien à Israël. Faut-il faire campagne contre les crimes commis à Gaza et en Cisjordanie occupée ? Ou au contraire pour le maintien de l’aide militaire ?
Victoire « sur le fil »
En novembre, Abdul El-Sayed affrontera le républicain Mike Rogers lors des élections de mi-mandat, où les démocrates espèrent reprendre le contrôle du Sénat. À la gauche du parti, Abdul El-Sayed devra surmonter le défi de rassembler les différentes factions démocrates, alors que son parti est plus divisé que jamais. Des leçons sont à tirer pour les démocrates dans leur ensemble, estime Serge Jaumin, directeur du Centre « Americas » de l’Université libre de Bruxelles, auprès de Melissa Barra, du service international de RFI.
« Ce parti qui est tout de même une sorte de kaléidoscope avec des personnalités qui, chez nous, seraient plutôt liées à des partis de droite. Abdul El-Sayed était donné vainqueur depuis un bon moment, mais avec une assez confortable marge d’avance dans les sondages. Et finalement, il a gagné sur le fil, explique le spécialiste de l’Amérique du Nord. Ce qu’il faudra voir, c’est dans quelle mesure les démocrates qui n’ont pas voté pour lui vont tout de même se rallier à sa candidature. Et ça, c’est un enjeu majeur pour les démocrates aujourd’hui. La stratégie des dirigeants du parti, c’est d’aller « mordre » dans l’électorat républicain mécontent de la politique de Donald Trump, et pour ça essayer de présenter des candidats qui pourraient aller chercher ces électeurs potentiels. »
De leur côté, les républicains continuent de suivre la ligne de Donald Trump. Dans le Kansas, le Michigan et l’État de Washington, ce sont encore des candidats qu’il soutient qui ont remporté les primaires du parti.











