- Depuis la chute de Maduro au Venezuela, Donald Trump accentue la pression sur Cuba.
- Il a signé jeudi un décret indiquant que les États-Unis « pourraient » frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à l’île communiste.
Suivez la couverture complète
Venezuela : Nicolas Maduro capturé par les États-Unis
Et maintenant Cuba ? Après avoir accentué la pression sur le Venezuela puis capturé son président Nicolas Maduro, Donald Trump a jeté son dévolu un peu plus au nord, du côté de La Havane. Les menaces, latentes depuis plusieurs semaines, concernent désormais les alliés du régime castriste.
Selon un décret signé jeudi 30 janvier par le républicain, les États-Unis « pourraient
» frapper de droits de douane – d’un montant non précisé – les pays vendant du pétrole à l’île communiste. Si Donald Trump avait déjà signifié à La Havane qu’il n’y aurait « plus de pétrole
» sans « accord
» avec les autorités, un cap semble cette fois-ci franchi. Washington reproche désormais aux autorités cubaines de « s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis »
. Parmi eux : la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusé de « déstabiliser la région via l’immigration et la violence », tout en « propageant ses idées, programmes et pratiques communistes
« .
Une situation chaotique depuis la chute du Venezuela
Les tensions entre les deux pays ne sont pas nouvelles : Cuba est soumis depuis 1962 à un embargo imposé par les États-Unis en pleine guerre froide. Ce verrou a été renforcé au fil des ans, obligeant l’île à vivre sous perfusion grâce à ses alliés, notamment la Chine, la Russie ou le Venezuela. Sauf que, depuis la pandémie de 2020, le pays traverse sa pire crise économique en trente ans. En cause : une inflation galopante, des pannes d’électricité et des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburants. Il connaît une vague d’émigration inédite et le manque de devises a provoqué une érosion sans précédent des services de santé.
Déjà chaotique, la situation s’est aggravée depuis la chute de l’allié vénézuélien début janvier. Nicolas Maduro fut pendant longtemps le principal fournisseur de pétrole. Cuba plus affaibli que jamais, une aubaine pour Donald Trump ? Depuis la chute de Maduro, le magnat a durci le ton. « IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D’ARGENT À DESTINATION DE CUBA – ZÉRO !
« , a-t-il clamé sur son réseau social après l’intervention au Venezuela. Avant de prévenir : « Je suggère fortement qu’ils acceptent un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD
« .
Si le président n’a jamais précisé les contours d’un quelconque accord, il est néanmoins allé jusqu’à republier sur X un message suggérant que son secrétaire d’État Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir président de l’île caribéenne, l’accompagnant de ce commentaire : « Ça me semble bien !
« . Un comble pour celui qui a été élu notamment sur la promesse de mettre fin à l’interventionnisme américain. Il affirme à présent appliquer la « doctrine Donroe », jeu de mots avec son prénom et le nom du président James Monroe qui a eu pour politique au XIXe siècle de faire de l’Amérique latine une chasse gardée des États-Unis.
Devant les menaces américaines, le régime a décidé de bomber le torse. « La meilleure façon d’éviter une agression, c’est que l’impérialisme soit contraint de calculer quel serait le prix à payer pour agresser notre pays
« , a déclaré dimanche Miguel Diaz-Canel, le président cubain, lors d’un exercice militaire.











