Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi 18 mai la création d’un fonds d’indemnisation doté de près de 1,8 milliard de dollars, qui pourra servir à « réparer » ce qu’il présente comme des préjudices subis par ses partisans poursuivis sous le mandat de Joe Biden. Et cet accord de Donald Trump avec le département de la Justice met le feu au Capitole.
« Trump ne s’est pas contenté de gracier ses partisans qui ont pris d’assaut le Capitole. Il s’est maintenant arrangé (…) pour créer une caisse noire pour récompenser ses alliés, avec l’argent de vos impôts. Ça ne s’invente pas », a cinglé Hillary Clinton, candidate malheureuse à la présidence en 2016 contre Donald Trump. La députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a notamment qualifié la manœuvre de « corruption pure et simple ».
Un comité de cinq personnes, nommé dans les 30 prochains jours par le ministre de la Justice, sera chargé d’attribuer des compensations aux victimes injustes du système juridique, ciblé pour des raisons politiques. Une procédure en dehors de tout cadre existant, sur lequel le pouvoir du président semble total. Donald Trump pourra lui-même remplacer n’importe quel membre de la commission, tandis que l’autre homme en charge est son ancien avocat Todd Blanche, le ministre de la Justice.
Ce dernier « a créé le « fonds anti-instrumentalisation » afin de mettre en place un processus systématique pour entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d’une instrumentalisation » politique de la justice, a indiqué le ministère dans un communiqué. « En échange de la création de ce fonds », Donald Trump a accepté de « retirer » sa plainte dans une affaire qui l’opposait au fisc américain (IRS), a précisé l’administration.
Audience houleuse au Sénat
Ce fonds d’indemnisation sera doté de 1,776 milliard de dollars de fonds fédéraux et « cessera de traiter les demandes au plus tard le 15 décembre 2028 », dernière année du second mandat de Donald Trump, détaille le communiqué. Il pourra être sollicité par des personnes estimant avoir été injustement poursuivies par l’administration du démocrate Joe Biden, par exemple.
Todd Blanche a passé ce mardi une audience houleuse au Sénat, contraint de nier difficilement les accusations de corruption, et d’un fonds occulte promettant un processus transparent. Face aux critiques, le ministre a nié que l’argent « ne serait versé qu’aux républicains ou aux amis du président ». Il n’a toutefois pas exclu que les centaines de partisans de Donald Trump, traduits en justice pour leur participation à l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021, puissent prétendre à des indemnisations. Le président américain a gracié plus d’un millier d’entre eux dès son retour à la Maison Blanche l’an dernier.
« Nous ne cherchons pas à verser de l’argent à des personnes qui ont agressé des policiers. Nous cherchons à verser de l’argent – ou plutôt à indemniser – les personnes contre lesquelles la justice s’est acharnée, celles qui ont été maltraitées par le système judiciaire », a souligné mardi le vice-président J.D. Vance lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.
Depuis son retour à la présidence, le président américain a impulsé une série de mesures punitives contre ceux qu’il perçoit comme des ennemis, poussant à des poursuites pénales contre des adversaires politiques, purgeant des hauts responsables de l’administration considérés comme déloyaux ou ciblant des cabinets d’avocats impliqués dans des affaires passées le concernant.
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