De manière plutôt inhabituelle, le président américain n’a pas invité les journalistes dans le Bureau ovale pour son entrevue avec son homologue colombien.
La Maison Blanche s’est contentée de publier deux photos sur X.
Par contre, la présidence colombienne a diffusé plusieurs clichés, dont celui d’une poignée de main entre le dirigeant républicain et l’ancien guérillero devenu chef d’État.
Le vice-président américain J.D. Vance ainsi que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont assisté à l’entretien, de même que les ministres colombiens de la Défense Pedro Sanchez et des Affaires étrangères Rosa Villavicencio.
Aucun détail n’a filtré dans l’immédiat sur la teneur des discussions.
«Faire gaffe à ses fesses»
L’opération militaire des États-Unis au Venezuela, le 3 janvier, et l’enlèvement du président Nicolas Maduro, avait d’abord conduit Gustavo Petro à parler de «reprendre les armes» contre Washington, tandis que le président américain lui avait conseillé de «faire gaffe à ses fesses».
Le ton a changé depuis, au moins publiquement.
Le président colombien « est très sympa depuis un mois ou deux. Avant, il était critique mais depuis le raid au Venezuela, il est très sympa. Il a beaucoup changé son attitude », avait commenté Donald Trump lundi sur un ton teinté d’ironie, en prédisant une « bonne rencontre ».
La relation entre les deux hommes s’est détendue le 7 janvier, quand ils ont eu leur premier échange téléphonique.
Bogota a fait un geste de bonne volonté en annonçant vendredi la reprise des vols d’expulsion de migrants depuis les États-Unis à bord d’appareils colombiens, après huit mois de suspension. La Colombie a aussi accepté de reprendre les épandages de glyphosate sur les champs de coca, une pratique abandonnée depuis 2015 et critiquée pour ses conséquences sanitaires et environnementales néfastes. Gustavo Petro s’y était fortement opposé en tant que sénateur.
La réunion de mardi devait être en grande partie consacrée au trafic de stupéfiants, que Donald Trump s’est promis d’éradiquer, n’hésitant pas pour cela à lancer des frappes contre des embarcations en mer des Caraïbes ou dans le Pacifique.
Les États-Unis sont le premier consommateur de cocaïne au monde et la Colombie le plus gros producteur. Une production qui aurait augmenté depuis que Gustavo Petro est au pouvoir, tout comme les exportations.
Donald Trump estime avoir un droit de regard sur la vie politique des pays d’Amérique latine et a par exemple pris position publiquement pour ses alliés dans des élections en Argentine et au Honduras, en rupture totale avec tous les usages diplomatiques en vigueur jusqu’ici.
En Colombie, le candidat de gauche Ivan Cepeda, donné favori dans les sondages pour la présidentielle prévue en mai, a récemment accusé Washington de tenter de peser sur le scrutin.










