- Le burn-out parental touche près de 6% des parents, principalement des femmes, en raison du stress et du manque de soutien.
- Cette condition affecte la santé mentale, les relations familiales et celle avec l’enfant.
- Des solutions existent, telles que le soutien social ou une aide à l’organisation familiale.
Pour beaucoup de personnes, être parent (nouvelle fenêtre)est un accomplissement, un rêve, un aboutissement. C’est aussi un bouleversement. Le quotidien s’articule autour des enfants et il s’accompagne d’une pression constante, tant au niveau de l’attention, de l’éducation et des finances. Une fois qu’un enfant arrive dans un foyer, la vie s’organise autour de lui, si bien que certains parents peuvent se sentir épuisés.
On parle même de burn-out parental. D’après Santé publique France (nouvelle fenêtre), près de 6% de personnes, principalement des femmes, sont touchées par cet épuisement parental. Il s’agit d’un « épuisement physique et émotionnel lié à l’excès de stress parental et au manque de soutien social
« . Comme le burn-out professionnel, il a « des conséquences sur la santé mentale du parent, sur la relation de couple et sur les comportements envers l’enfant, ce dernier pouvant être victime de négligence ou de maltraitance
« , ajoute Santé publique France.
Ce stress est la conséquence de différentes préoccupations pour les parents : la santé, le développement, l’éducation (nouvelle fenêtre), l’apprentissage social. « L’épuisement parental survient lorsque le parent n’arrive plus à mobiliser efficacement ses ressources personnelles ou celles de son environnement proche pour faire face aux stresseurs et pour répondre aux exigences du quotidien familial
« , indiquent la professeure en psychologie, Rebecca Shankland et Aurélie Paldacci, coordinatrice du projet de recherche Parent Burn-Out, dans la revue La santé en action.
Elle explique qu’il se manifeste par « un épuisement physique et émotionnel, qui entraîne une réduction de la disponibilité mentale, générant à son tour des difficultés d’empathie, ce qui crée de la distance avec l’enfant
« .
Une pression constante sur les épaules des parents
Pour la sociologue Nina Bandelj, un autre facteur peut expliquer le burn-out parental et la pression que ressentent les parents aujourd’hui. Elle écrit dans Psychology Today
(nouvelle fenêtre), qu’au « cours des cent dernières années, les enfants sont passés du statut d’utiles sur le plan économique à celui d’inestimables sur le plan émotionnel. Ce qui était autrefois partagé — entre frères et sœurs, proches, voisins et communautés — est devenu un devoir parental de plus en plus intense
« . Les parents sont aussi scrutés à la loupe et l’éducation des enfants est « devenue une forme de valorisation du capital humain, où les parents doivent optimiser, se démener, et développer leurs enfants
« .
Autre facteur : à l’heure où nos sociétés s’imprègnent de la culture du bien-être, les parents prêtent davantage d’attention aux émotions et aux expressions des enfants. C’est bien. Mais c’est aussi émotionnellement éprouvant pour les parents, si bien que « l’éducation des enfants devient particulièrement épuisante
« . Pire, les parents, et surtout les mamans, se retrouvent également constamment jugés et sont noyés sous les conseils parentaux diffusés sur les podcasts, dans les magazines, dans les livres ou les réseaux sociaux. Et lorsque la fatigue, le stress et la pression atteignent le point de non-retour, c’est le burn-out. Nina Bandelj rappelle qu’il ne s’agit pas d’un « échec individuel ou familial, c’est un problème de société. Nous avons créé un système qui emprisonne les parents, alimenté par la peur et le jugement
« .
Le concept de burn-out parental est relativement nouveau et peu de professionnels sont formés pour repérer les premiers signes, si bien que parfois il est confondu avec une dépression. Néanmoins, il est toujours possible de consulter un spécialiste de la santé mentale ou de se rapprocher d’un programme de soutien à la parentalité. Rebecca Shankland et Aurélie Paldacci rappellent aussi que les mesures pour prévenir le burn-out parental peuvent prendre plusieurs formes, comme une aide à l’organisation familiale, ou l’aménagement d’espaces de répit. Elles concluent : « En permettant de renforcer le sentiment de compétence parentale, en contribuant à développer le soutien social et le partage d’expériences, ces actions participent à la sécurisation des parents, elles les aident à repérer les ressources disponibles pour faire face aux situations qui les mettent en difficulté et à les mobiliser
« .











