- Ce vendredi marque l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer.
- Le premier rendez-vous d’une série qui s’annonce cruciale pour l’océan.
- Dans la lignée de l’élan donné lors du sommet de Nice en juin 2025.
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Notre planète
C’est le premier rendez-vous d’une série importante pour la préservation des océans. Ce vendredi 16 janvier marque l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer – aussi appelé BBNJ – qui vise à protéger ces eaux internationales si vastes et si fragiles. Un événement qui sera célébré au ministère des Affaires étrangères, car ce succès important pour la préservation des océans est avant tout une avancée obtenue lors du sommet de Nice en juin 2025, qui a permis d’accélérer les ratifications permettant l’entrée en vigueur du texte.
Si depuis ce rendez-vous plusieurs autres étapes majeures ont été franchies pour la protection de ces vastes espaces – comme l’entrée en vigueur du traité Fish-1 (nouvelle fenêtre)sur les subventions à la pêche ou encore l’officialisation de la Mission Neptune, qui doit permettre d’explorer l’océan profond et d’en répertorier le vivant pour le protéger – d’autres dates toutes aussi importantes arrivent à 2026, année où il sera notamment question de COP1, d’exploitation des grands fonds marins ou encore de décarbonation du trafic maritime.
BBNJ : une COP1 à l’automne ?
C’est la grande avancée du sommet de Nice et l’une des réussites du président français Emmanuel Macron. Avec Nice, des dizaines de pays ont procédé à la ratification de BBNJ permettant son entrée en vigueur ce vendredi. « C’est un peu comme l’Accord de Paris sur le climat, mais concernant l’océan »,
se félicite Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur français pour les pôles et les océans, qui estime que l’Unoc a servi de « catalyseur »
pour ce texte crucial. Avec un rendez-vous important qui en découle : l’organisation de la première COP sur la haute mer.
Une COP1 qui pourrait être organisée à l’automne prochain et qui « devrait permettre de faire un vrai bilan sans attendre les prochains Unoc qui interviennent tous les trois ans »,
pointe Olivier Poivre d’Arvor. Le rendez-vous restera toutefois spécifique à la haute mer et non à l’océan dans sa globalité, se concentrant notamment sur les aires marines protégées – et l’objectif encore difficile à atteindre de protéger 30% de l’océan d’ici 2030 (nouvelle fenêtre) – ou sur les ressources marines dans ces espaces sous aucune juridiction étatique.
Aller miner les fonds marins : rendez-vous en juillet
Autre grand rendez-vous de 2026 : l’Assemblée générale de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM). Car lors de cette réunion pourrait se jouer une question cruciale : celle de l’exploitation des grands fonds (nouvelle fenêtre), convoités pour les minerais rares comme le nickel, le cobalt, le cuivre ou la manganèse qu’ils contiennent. À Nice, plusieurs États avaient rejoint l’appel de la France sur un moratoire sur cette question, le temps que la science puisse mieux étudier les écosystèmes concernés, encore méconnus. « Pour le moment 40 pays se sont prononcés pour un moratoire, on espère en avoir le double à l’été 2026 »,
avance Olivier Poivre d’Arvor.
« Cela a été l’un des sujets forts de l’Unoc,
abonde Sandrine Polti, de la Deep Sea Conservation Coalition. On a vu des grandes déclarations très fortes lors de ce sommet ».
L’enjeu est que cette pause de précaution autour de l’exploitation des fonds marins (nouvelle fenêtre) soit soutenue par suffisamment d’États d’ici à juillet 2026, lors de l’Assemblée générale de l’AIFM pour qu’elle soit votée et permette de réfléchir plus sereinement à un code minier sur ces questions. « On espère ce moratoire pour 2026 et sur une durée d’au moins entre 10 et 15 ans, qui permettrait de ne pas adopter un code minier si faible qu’au final il n’assurerait absolument pas la protection des grands fonds marins »,
détaille Sandrine Polti.
Transport maritime : on fait quoi ?
Après les avancées de Nice, ça a été le coup de tonnerre de 2025 dans le domaine de l’océan. En octobre dernier, les États-Unis ont fait capoter l’adoption du « cadre net-zéro » (NZF) (nouvelle fenêtre) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires à travers le monde. Si le texte semblait acté et la signature être une simple formalité, une offensive de dernière minute de l’administration Trump sur cette question a mené les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) à reporter d’un an la décision sur cette question.
L’adoption officielle du texte, qui avait déjà été approuvé en principe en avril, aurait permis à ce secteur extrêmement polluant de prendre un virage climatique historique en contraignant les navires à réduire progressivement leurs émissions dès 2028 (nouvelle fenêtre), jusqu’à décarbonation totale vers 2050. Mais tout n’est pas perdu puisque la question sera de nouveau discutée en 2026. « C’est vraiment important, même si l’on s’accorde sur un plan un peu moins ambitieux, il nous faut un accord sur la décarbonation à horizon 2050 ou 2060 »
, plaide Olivier Poivre d’Arvor.
Reste une autre question à laquelle 2026 pourrait ne pas répondre et qui s’avère pourtant cruciale pour la préservation de l’océan : celle sur le traité sur la pollution plastique, pour lequel les négociations ont échoué en 2025. Et sur ce sujet, le chemin semble encore long. « Nous avons échoué tous ensemble et nous en sommes revenus aujourd’hui à des considérations très techniques qui me font dire qu’il n’y aura sans doute pas d’accord décisif en 2026 sur cette question. Je me demande d’ailleurs s’il y aura un accord un jour »,
déplore Olivier Poivre d’Arvor.













