Rawan Joudeh est arrivée, mardi 10 février, dans l’appartement de sa sœur, Razan, perché en haut d’un immeuble au sommet d’une colline qui domine Le Caire. Elle sort de deux jours de traitement à l’hôpital Al-Salam, en périphérie de la capitale égyptienne. Assise sur un canapé devant le balcon, face à la ville de 23 millions d’habitants qui semble s’étendre à l’infini, elle se repose, sa fille de 5 ans virevoltant à ses côtés.
Dans un monde normal, cela aurait pu être simple. Rawan Joudeh, 35 ans, vit dans le village de Zuwaida, au centre de la bande de Gaza, avec son mari, professeur de mathématiques, et leurs quatre enfants. Atteinte d’une tumeur cérébrale non cancéreuse qui ne peut pas être soignée dans l’enclave, la jeune femme est allée se faire opérer en Egypte en mai 2023. L’intervention se passe bien : un « shunt » est posé pour évacuer l’excès de liquide céphalorachidien. Elle doit ensuite suivre un traitement tous les six mois. Un rendez-vous est fixé en novembre 2023. Mais le 7-Octobre bouleverse tout.
Au début de la guerre déclenchée par Israël en représailles à l’attaque du Hamas, son village n’est pas concerné par les ordres d’évacuation visant le nord de Gaza. Une chance dans son malheur : la maison familiale reste intacte, alors qu’une grande partie du bâti de l’enclave est détruite. Mais le stress et la dégradation des conditions de vie aggravent l’état de la jeune femme. Fatigue, maux de tête, nausées : les symptômes réapparaissent. Dès novembre 2023, 70 % des hôpitaux et des cliniques de Gaza sont hors service.
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