Y a-t-il encore un sens à étudier le droit international? « Bien sûr, et d’autant plus en ce moment », assure à BFM Georgios Chatzicharalampous, un étudiant grec âgé de 26 ans en master 2 de droit international public à l’université Paris-Panthéon-Assas. Si le jeune homme qui parle quatre langues reconnaît être « bouleversé » par les récentes atteintes au droit international, il se dit d’autant plus motivé à poursuivre dans cette voie.
« On peut avoir l’impression que les institutions internationales sont anachroniques, voire obsolètes face aux violations auxquelles on assiste », concède cet étudiant qui souhaite rédiger une thèse sur la notion de territoire en Palestine et ensuite travailler pour une institution internationale.
« Mais c’est maintenant que le droit international prend encore plus tout son sens. »
Ces dernières semaines, le droit international a en effet été mis à mal. Il y a eu l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier par les forces américaines puis sa comparution devant un juge à New York, mais aussi les déclarations répétées de Donald Trump sur sa volonté d’annexer le Groenland ou encore son souhait de prendre le contrôle de Gaza et d’en faire une « riviera du Moyen-Orient ».
« C’est une période sombre pour le droit international », confesse pour BFM Ronan*, 22 ans, lui aussi en master 2 de droit international public dans la même université parisienne. « Mais c’est aussi passionnant, parce qu’en tant qu’étudiant et futur professionnel du droit international, on pense d’abord à l’aspect juridique et aux règles susceptibles d’avoir été violées. »
Comme, dans les atteintes citées plus haut, le principe de non-ingérence dans les affaires d’un État, l’immunité des chefs d’État en exercice, ou encore l’interdiction faite par la Charte des Nations unies de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale d’un État.
« Face à ce genre de personnage comme Donald Trump, qu’est-ce qu’on argumente si on n’a pas le droit international? » s’interroge Ronan, qui ambitionne de travailler pour le ministère des Affaires étrangères.
« On n’a jamais autant parlé de droit international »
Si cet étudiant admet que « dans certains domaines, le droit international est malmené », il ajoute que « dans d’autres, il marche très bien ». Il cite notamment le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales avec la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Un exemple: il est arrivé que le droit français soit modifié à la suite de condamnations par la CEDH, rappelle Vie publique.
« Le droit international n’est pas mort, bien au contraire », ajoute Georgios Chatzicharalampous. « S’il peut être écrasé, violé, les fondements juridiques demeurent. » Une analyse que partage Ronan. « Le moment est difficile, oui, mais il soulève le besoin essentiel que représente le droit international. »
« Ce qui est assez paradoxal: au moment où des atteintes sont commises, on n’a jamais autant parlé de droit international. »
*Le prénom a été modifié à la demande du témoin.
Article original publié sur BFMTV.com













