La cour de justice fédérale de Manhattan (New York, Etats-Unis) a beau avoir vu passer nombre de célébrités, la présence d’un accusé qui présidait encore, trois jours auparavant, aux destinées d’un autre pays, représente une première. Nicolas Maduro, le dirigeant du Venezuela enlevé à Caracas par les forces spéciales américaines dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, doit comparaître lundi 5 janvier à midi (18 heures à Paris), aux côtés de son épouse, Cilia Flores, lors d’une audience de mise en accusation : ils ont été inculpés devant la justice américaine pour trafic de cocaïne et « conspiration narcoterroriste », et devraient plaider, selon toute vraisemblance, « non coupable ».
L’acte d’accusation sur lequel repose la procédure a été rendu public samedi. Les 25 pages, signées Jay Clayton, le procureur du district sud de New York, où seront jugés les époux Maduro, exposent en des termes juridiques la théorie défendue depuis des mois par l’administration Trump : « Depuis plus de vingt-cinq ans, les dirigeants vénézuéliens ont abusé de la confiance publique liée à leur position et ont corrompu des institutions autrefois légitimes pour importer des tonnes de cocaïne aux Etats-Unis. Nicolas Maduro Moros, l’accusé, est au cœur de cette corruption, et s’est associé à ses complices pour utiliser son autorité acquise illégalement et les institutions qu’il a gangrenées afin de transporter des milliers de tonnes de cocaïne aux Etats-Unis. »
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