Fatih Altayli est une des figures les plus importantes et influentes du journalisme turc. Comme de nombreux autres confrères, il a été obligé de quitter plusieurs fois son poste ces dernières années après les reprises successives des groupes de presse, auxquels il collaborait, par des dirigeants liés au pouvoir. Plus de 85 % des médias nationaux sont aujourd’hui entre leurs mains.
Comme beaucoup d’autres animateurs de télévision et commentateurs, Fatih Altayli a continué depuis son salon à donner libre cours à sa parole sur une chaîne YouTube qu’il a lui même créée. Celle-ci comptait près de 1,7 million d’abonnés le jour de son arrestation fin juin. Après cinq mois de détention, il vient d’être condamné par le tribunal correctionnel d’Istanbul, mercredi 26 novembre, à quatre ans et deux mois de prison fermes pour « menaces contre le président ».
Ses avocats ont déclaré qu’ils allaient faire appel. A l’énoncé du verdict, Erol Önderoglu de Reporter sans frontières (RSF) a déploré un verdict « qui ne constitue pas seulement une sanction injustifiable et impitoyable infligée à ce journaliste de renom, mais vise aussi à intimider l’opinion publique critique ». Il ajoute : « Cette peine, la plus lourde prononcée ces dernières années, qui repose sur des propos sortis de leur contexte, doit être annulée. »
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