Un vendredi de fin de mois d’août à Prague. Malgré une « chaleur étouffante », ils sont plusieurs dizaines d’hommes et femmes à former une file d’attente au Centre d’assistance pour l’aide à l’Ukraine, relate un reportage de Voxpot. En République tchèque, pays qui, proportionnellement à sa population, a accueilli le plus grand nombre de réfugiés depuis 2022, ces centres d’assistance aident tous ceux qui fuient la guerre à effectuer leurs démarches administratives.
Régime de séjour exceptionnel au sein de l’UE, la « protection temporaire » confère à ses bénéficiaires un accès au marché du travail et à l’assurance-maladie, notamment. Si la plupart des demandeurs présents ce jour-là à Prague ne doutent pas de l’issue de leur démarche, la position des autorités tchèques a néanmoins « radicalement évolué ces dernières semaines vis-à-vis des hommes ukrainiens de 23 à 60 ans », souligne Voxpot.
Désormais, elles n’accordent plus cette protection qu’aux réfugiés en mesure de prouver, via la base de données Reserve+ du ministère de la Défense ukrainien, qu’ils ont rempli leurs obligations militaires. Une mesure qui résulte d’une décision de la Commission européenne adoptée à la demande de Kiev et s’appliquant dans tous les États membres.
« Comme le montre notre passage, les hommes continuent toutefois d’affluer », remarque le média tchèque, qui cite l’exemple de « Serhiy, un homme grand, la quarantaine, portant des lunettes et une chemise à carreaux, qui vient de quitter le guichet ».
Les hommes désormais plus nombreux que les femmes
Originaire de l’ouest de l’Ukraine, Serhiy a obtenu ce qu’il voulait. « Comme il l’explique, il n’a certes pas servi dans l’armée, mais il dispose de documents attestant qu’il a rempli ses obligations, sans toutefois préciser comment il se les est procurés. » Selon lui, « personne ne devrait être contraint d’aller se battre » et, compte tenu de la recrudescence des attaques russes et de l’intensification des patrouilles de recrutement, « de plus en plus d’hommes vont quitter le pays ».
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