- En caisse des magasins, il est souvent demandé de faire un don pour une association.
- Le système fonctionne par un arrondi de la somme payée dans le magasin.
- L’équipe de « Bonjour ! Avec vous » revient sur la sollicitation des Français pour des dons.
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Bonjour ! La Matinale TF1
C’est un message auquel les Français sont habitués : lors du passage en caisse en magasin, le terminal de paiement électronique (TPE) leur propose d’arrondir la somme due pour donner quelques centimes à une association. Une sollicitation née de la filiale de la Banque postale, microDON, qui a annoncé avoir récolté 15 millions d’euros en 2025 grâce à ce système. L’équipe de « Bonjour ! Avec vous » est revenue ce mardi 3 février sur ces arrondis qui peuvent en rebuter certains. C’est par exemple le cas de Charlotte, qui a écrit aux chroniqueurs depuis Palaiseau : « Je pense qu’on se fait avoir quand on fait ça. On ne sait même pas combien et à qui on donne et, évidemment, ça n’est pas défiscalisé. »
Comme elle, Cécile de Ménibus se dit méfiante aux dons. « Il y a plein de gens de ma génération qui sont un peu traumatisés par l’affaire de [l’Association pour la recherche sur le cancer (ARC)] qui a eu lieu dans les années 1990. »
Son président, Jacques Crozemarie, avait alors détourné les fonds de l’association, principalement constituée de dons. L’inspection générale des affaires sociales avait alors révélé que seulement 28% des dons avaient été utilisés pour la recherche et que le président avait utilisé une partie du reste de l’argent à des fins personnelles, se remémore Cécile de Ménibus.
Où va l’argent des dons ?
Mais l’utilisation des dons est aujourd’hui bien plus transparente, a rappelé Bénédicte Le Chatelier. Elle cite une enquête de 60 millions de consommateurs
publiée en 2021 sur le sujet. « On peut avoir confiance »
, commence-t-elle. « D’abord, la majorité des dons en France financent bien l’action de l’association. Ensuite, il y a une partie qui va aux frais de collecte. C’est là où parfois ça peut être un peu tendancieux parce que certaines associations ont des frais qui sont assez élevés.
Greenpeace
par exemple, refuse les subventions publiques et privées. Donc forcément, ils ont des frais de collecte qui sont très importants. »
Enfin, il y a la réserve : un « vrai trésor »
mis de côté « pour pouvoir se retourner et continuer ses actions en cas de crise majeure »
. Il y a deux ans, c’était « deux milliards de fonds de réserve, par exemple »
, rapporte Bénédicte Le Chatelier. Et de marteler : « Tout cela est hyper transparent, audité et certifié par des commissaires aux comptes. »
Si les frais de collecte sont aussi élevés, c’est parce que les associations doivent dépenser de l’argent pour en recevoir. Elles peuvent par exemple faire appel à des recruteurs-donateurs, ces personnes qui interpellent les passants dans la rue pour leur demander un don pour une association. « C’est un boulot »
, explique Julie Tomeï, qui explique que ces recruteurs ne sont pas bénévoles, mais bien des salariés. « Il y a une vingtaine d’entreprises en France qui se partagent ce secteur »
, continue la journaliste, qui a consulté quelques offres d’emploi de recruteurs-donateurs. « Ce sont des propositions de CDD qui peuvent aller de 1.820 euros pour un contrat de 35 heures pour un débutant, à 2.800 euros pour un recruteur confirmé. (…) Les contrats de CDD peuvent aller de quelques semaines à six mois »
, rapporte-t-elle. Elle rappelle aussi que les recruteurs-donateurs ne sont pas payés à la commission par don et qu’ils sont soumis à quelques règles : « Ils ne peuvent pas venir vous voir si vous êtes au téléphone et si vous dites non, en principe, ils doivent vous laisser tranquille. »














