L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), qui avait fait état auparavant de plus de 42 000 arrestations, a revu son bilan à la hausse, mardi 3 février, recensant désormais au moins 50 235 interpellations liées aux manifestations. HRANA affirme que la répression se poursuit dans le pays.
Au début de janvier, la République islamique a violemment réprimé un vaste mouvement de contestation, qui avait éclaté à la fin de décembre et culminé les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité appartenaient aux forces de sécurité ou étaient des passants tués par des « terroristes » agissant pour le compte des Etats-Unis et d’Israël.
Ces arrestations ont visé « un large éventail de citoyens, notamment des étudiants, des écrivains et des enseignants », selon l’organisation non gouvernementale établie aux Etats-Unis, qui ajoute que, dans certains cas, elles ont été accompagnées de « perquisitions de domiciles et de confiscation d’effets personnels ». En outre, HRANA signale plus de 300 « aveux forcés » retransmis à la télévision.
« Aucune indulgence », prévient le chef du pouvoir judiciaire
La semaine dernière, Amnesty International s’était aussi inquiétée de l’arrestation de milliers de personnes, parmi lesquelles figuraient des enfants. Elles courent selon l’ONG « un grave risque de disparition forcée, de torture et d’autres mauvais traitements, de mort en détention et d’exécutions arbitraires à la suite de procès manifestement inéquitables ».
Le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejei, a averti qu’il n’y aurait « aucune indulgence » envers les personnes impliquées dans les manifestations. Et le parquet a précisé que certaines s’exposaient à des peines passibles de la peine de mort.
Le cinéaste iranien Mehdi Mahmoudian, coscénariste d’Un simple accident, Palme d’or à Cannes en 2025, a été arrêté dimanche, suspecté d’avoir aidé à rédiger une déclaration critique du pouvoir. Il a été interpellé avec le leader étudiant Abdollah Momeni et la journaliste et militante des droits des femmes Vida Rabbani, selon l’agence de presse iranienne Fars.
Le texte, signé par plus d’une douzaine d’autres opposants, compare la répression à un « crime d’Etat contre l’humanité », explique la fondation de la lauréate du prix Nobel de la Paix, Narges Mohammadi, elle-même en prison depuis le mois de décembre. Elle avait été arrêtée au cours d’une manifestation tenue avant la récente vague de protestations.











