« Le dogme est l’ennemi du progrès. » Cette citation d’Albert Einstein était incluse dans le discours inaugural prononcé en septembre par Petra De Sutter, 62 ans, la nouvelle rectrice de l’université de Gand, en Belgique. Problème : le physicien américain d’origine allemande inventeur de la théorie de la relativité n’a jamais prononcé ces mots à la Sorbonne, en 1929, comme l’affirmait la dirigeante du prestigieux établissement flamand. Et le psychanalyste belge Paul Verhaeghe n’a jamais écrit, dans son dernier livre (Wijsheid, De Bezige Bij, 2025, non traduit) que « la sagesse cherche des réponses à des questions existentielles », comme l’affirmait aussi Mme De Sutter. Laquelle tronquait également un propos de l’historien et philosophe allemand Hans Jonas, auteur notamment du Principe responsabilité (Flammarion, 1979).
Aucun des éminents professeurs présents lors de cette rentrée académique n’avait apparemment relevé ou vérifié lesdites citations. Le site d’information Apache a, en revanche, révélé, jeudi 8 janvier, que Mme De Sutter avait utilisé l’intelligence artificielle pour enrichir son propos. Et que l’intelligence artificielle (IA) avait produit ce qui s’appelle des « hallucinations », des inventions – ou des « interprétations » – de l’informatique. Dans un communiqué, la rectrice a dès lors dû confesser, au lendemain de la publication d’Apache, qu’elle avait été « piégée » par l’IA, qu’elle regrettait « vivement » son erreur, mais ne pouvait « malheureusement revenir en arrière ». Elle a présenté ses excuses au personnel et aux étudiants et son texte a été discrètement « adapté » sur le site Internet de l’université.
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