L’Amérique du Nord perd ses oiseaux, et, pour une grande part des espèces, cette disparition s’accélère. Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à évaluer finement la dynamique du déclin des populations aviaires : publiés jeudi 26 février dans la revue Science, leurs travaux en confirment l’ampleur et montrent surtout que celui-ci s’accélère pour une grande part des espèces suivies. Ces zones de déclin accéléré sont celles marquées par l’impact de l’agriculture intensive, qui apparaît comme le principal facteur aggravant du changement climatique.
Conduits par Petr Keil (université des sciences de la vie de Prague) et François Leroy (université de l’Ohio à Colombus, aux Etats-Unis), les auteurs ont utilisé les données annuelles d’observation et de comptage d’oiseaux dans plus d’un millier de secteurs répartis sur l’ensemble du territoire américain pour estimer la variation d’abondance et la dynamique de l’érosion démographique pour 261 espèces aviaires, entre 1987 et 2021. Au cours de ces trente-cinq années, près de la moitié de ces espèces sont en déclin prononcé, dont 63 voient l’écroulement de leurs effectifs s’accélérer – c’est-à-dire que chaque année elles perdent plus d’individus que l’année précédente. Une soixantaine d’espèces parviennent à tirer leur épingle du jeu, mais la croissance de leurs populations décélère et ne compense pas la chute des autres.
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