Le linguiste américain Noam Chomsky, l’un des intellectuels les plus influents des dernières décennies, proche de Jeffrey Epstein, lui a exprimé en 2019 sa solidarité pour la « manière horrible » dont il était, selon lui, traité dans les médias et l’opinion publique.
Dans un échange de courriels figurant dans la masse de documents publiés le 30 janvier par le ministère américain de la justice, daté de février 2019, quelques mois avant son suicide en prison, Jeffrey Epstein demande conseil à son ami, habitué à se retrouver au cœur de polémiques féroces.
« J’aimerais beaucoup avoir ton avis sur la manière de gérer ma couverture médiatique nauséabonde, ça part complètement en vrille », écrit Jeffrey Epstein au linguiste et intellectuel de gauche radical, alors âgé de 90 ans.
Noam Chomsky lui recommande de faire profil bas, déplorant « la manière horrible dont [Epstein] est traité dans la presse et l’opinion publique ». « C’est dur à dire, mais la meilleure façon de réagir est de l’ignorer », explique-t-il, disant en avoir lui-même « fait largement l’expérience, mais bien sûr pas à cette échelle ».
Noam Chomsky, Steve Bannon, Woody Allen…
« Ce que les vautours veulent, c’est une réaction publique, qui offre ainsi une ouverture publique pour une vague d’attaques virulentes, dont bon nombre motivées par la recherche de publicité ou des canulars de toutes sortes », estime Noam Chomsky, en référence aux médias. « C’est particulièrement vrai maintenant de l’hystérie qui s’est propagée autour de l’exploitation des femmes, qui en est arrivée au point où simplement mettre en doute une accusation est un crime pire que le meurtre », affirme-t-il.
Des photos publiées en décembre avaient illustré la proximité entre Jeffrey Epstein et des personnalités comme Noam Chomsky, Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, ou encore le cinéaste Woody Allen.
Considéré comme le fondateur de la linguistique moderne, Noam Chomsky est devenu une figure centrale des XXe et XXIe siècles surtout pour son rôle d’intellectuel engagé, dans sa critique radicale de la politique étrangère des Etats-Unis et d’Israël, ainsi que des médias.
Il s’est souvent fait l’avocat du diable face à une société américaine dont il dénonce la duplicité, par des prises de position radicales qui ont suscité la polémique.














