Discours creux et « triste ». C’est en substance ce que critiquent les oppositions politiques, de gauche comme de droite, ce mercredi 31 décembre au soir après les traditionnels vœux d’ Emmanuel Macron aux Français pour le passage à l’année 2026. Pour son avant-dernière allocution de fin d’année, le président a notamment promis de « veiller tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir » avant la fin de son second quinquennat.
Alors que le chef de l’État français a assuré que 2026 serait une année « utile », Bruno Retailleau, le président des Républicains, a été le premier à réagir à cet égard : « On ne peut qu’y souscrire. Encore faudra-t-il pour cela ne pas sacrifier l’avenir au présent. Ce sera tout le défi des mois à venir. J’y prendrai toute ma part. »
Éric Ciotti, président d’UDR et allié de l’extrême droite, a, lui, accusé Emmanuel Macron d’« enfoncer des portes ouvertes (…) ». Avant de lâcher : « Le seul vœu que l’on puisse adresser à la France c’est son départ pour engager le redressement national ! »
« Ça va être long d’attendre 2027… »
Du côté de l’extrême droite, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy estime également qu’« Emmanuel Macron n’a plus rien à dire aux Français ». « Il peut jouer au roi d’Angleterre devant sa cheminée, il ne trompera pas grand monde. Ça va être long d’attendre 2027… », a-t-il ajouté sur X, alors que le président a annoncé mercredi soir qu’il irait jusqu’au bout de son mandat et resterait « jusqu’à la dernière seconde au travail ».
Les voix s’élèvent ces deniers mois jusqu’au sein du camp présidentiel, à l’instar de son ancien Premier ministre Edouard Philippe, pour réclamer une présidentielle anticipée.
Plus tôt dans la journée, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient appelé, dans leurs voeux, à la mobilisation pour les municipales des 15 et 22 mars, souhaitant que 2026 soit pour le Rassemblement national, en tête dans les sondages, une « année de conquête » en vue de la « grande alternance » qu’ils espèrent incarner en 2027.
« Non, monsieur le Président, ça ne tient plus »
La gauche n’est pas plus enthousiaste après la prise de parole présidentielle. La cheffe de file des Verts, Marine Tondelier, a tiqué sur le début du discours d’Emmanuel Macron, qui assurait : « notre pays tient, fort de ses institutions, de ses services publics, forts de ses armées (…), de notre économie ». « Pour qui se déplace régulièrement partout en France, la réalité est pourtant toute autre : “Non, monsieur le Président, ça ne tient plus” », lui a répondu la Secrétaire nationale d’EELV, dénonçant notamment le Projet de Loi de Finances 2026. Ce texte, dont l’examen au Parlement n’a pu être achevé avant le 31 décembre, doit revenir à l’Assemblée nationale à partir du 8 janvier en commission des Finances.
La France Insoumise ne mâche pas non plus ses mots et son leader Jean-Luc Mélenchon a raillé Emmanuel Macron : « Lui-même semblait prêt à s’endormir en parlant. Quelque chose est cassé en lui et avec le pays. »
Député LFI de la 3ème circonscription de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes parle de « vœux crépusculaires et vides pour un président de la République isolé et dont la parole n’a plus aucune légitimité » et réclame, lui aussi, son départ.
Même son de cloche pour la députée insoumise Aurélie Trouvé qui cite les paroles d’une célèbre chanson de Dalida : « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots ». « Il parle de moyens pour l’école, la recherche, la culture et les hôpitaux publics alors qu’il a sabré leurs budgets », déplore-t-elle, avant de conclure : « Tristes vœux ».
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