- L’Assurance maladie a une nouvelle arme contre les arrêts de travail frauduleux.
- Il s’agit d’une machine qui scanne, vérifie et traque les faux en un éclair.
- En 2025, 723 millions d’euros de fraude ont été détectés, plus de la moitié des dossiers concernant les assurés.
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Le 20H
Le volume donne le vertige : 30.000 enveloppes à trier par jour et à l’intérieur, des arrêts de travail toujours plus nombreux. Cette Caisse primaire d’Assurance maladie de Lille-Douai, où une équipe du 20H de TF1 a pu tourner, en reçoit 5.000 par jour. Afin de pouvoir les authentifier, les formulaires sont placés dans une machine qui scanne, vérifie et traque les faux en un éclair.
« Elle va lire en 0,3 secondes s’il s’agit d’un arrêt de travail, s’il est sécurisé ou non sécurisé »
, explique Franck Delohen, responsable du service des flux entrants à la CPAM de Lille-Douai. Pour comprendre ce que cette machine analyse vraiment, prenons l’exemple d’un arrêt de travail.
En 2025, nous avons détecté plus de 34 millions d’euros de faux avis d’arrêt de travail
En 2025, nous avons détecté plus de 34 millions d’euros de faux avis d’arrêt de travail
Fabien Badinier, directeur délégué à la lutte contre les fraudes à la Caisse nationale d’Assurance maladie
Depuis septembre, un nouveau formulaire est en vigueur. Il compte 7 points de sécurité, notamment une étiquette holographique, une encre magnétique, un numéro de série unique ou un code-barres numérique. Et c’est là que cette machine entre en jeu. Elle va lire les 7 points en quelques secondes. Si l’un d’eux est altéré ou absent, la machine signale une anomalie. « Si c’est effectivement un faux, ça part en analyse au service des fraudes. Si, par exemple, c’est juste parce que le médecin n’a pas envoyé un formulaire sécurisé, on va demander au médecin d’en renvoyer un »
, ajoute Franck Delohen au micro de TF1.
Pour l’instant, ce super scanner n’est déployé que dans 5 centres en France. Mais son efficacité est déjà prouvée. « En 2025, nous avons détecté plus de 34 millions d’euros de faux
avis d’arrêt de travail
« ,
constate Fabien Badinier, directeur délégué à la lutte contre les fraudes à la Caisse nationale d’Assurance maladie. Tout type de fraude confondu, l’Assurance maladie a détecté 723 millions d’euros en 2025. Plus de la moitié des dossiers concernent les assurés.
Le préjudice évité est ainsi de 115 millions d’euros. Les fraudes commises par des médecins ont été moins nombreuses, mais plus coûteuses, près de 540 millions d’euros. Autre forme d’abus traqué, les arrêts de travail délivrés par des médecins jugés trop complaisants. Mais dès la rentrée 2026, le premier arrêt prescrit ne pourra plus dépasser un mois. En cas de prolongation, il n’excédera pas deux mois.











