- Ce mardi 21 avril marque le centenaire de la naissance d’Elizabeth II, décédée il y a quatre ans.
- Cet anniversaire donnera lieu à plusieurs célébrations au Royaume-Uni qui est loin d’avoir oublié sa souveraine.
- La défunte reine d’Angleterre reste la plus appréciée des Windsor encore aujourd’hui, loin devant son fils Charles III.
La file d’attente ne désemplit pas. Certains arrivent même en avance de peur de rater leur créneau. « Pour quelle heure avez-vous réservé ? »
, demande l’une des employées de la King’s Gallery où s’est ouvert il y a une dizaine de jours l’événement majeur célébrant un anniversaire pas comme les autres pour les Windsor. Née le 21 avril 1926, Elizabeth II aurait dû fêter ses 100 ans ce mardi. C’est en visitant l’exposition « Sa vie avec style », organisée dans cet espace accolé à Buckingham Palace, que Charles III lancera deux jours de rendez-vous dédiés au centenaire de sa défunte mère.
Reine du marchandising
Difficile de ne pas ressortir conquis de cette rétrospective de la vie de la reine d’Angleterre à travers sa garde-robe, véritable outil diplomatique tout au long de ses 70 ans de règne. Car ouvrir les placards de l’ex-princesse Elizabeth, c’est surtout rembobiner un morceau de notre histoire collective. « Neuf humains sur dix sont nés après son accession au trône »
, rappelait le Washington Post
(nouvelle fenêtre)à sa mort le 8 septembre 2022. La fille de la Nation britannique a fini par s’imposer malgré elle comme la grand-mère du monde, une figure dont la popularité a largement dépassé les frontières de son royaume et du Commonwealth. Mais aussi celles du vivant, tout simplement.
“I declare before you all that my whole life whether it be long or short shall be devoted to your service.” On her 21st birthday in 1947, Queen Elizabeth II pledged to devote her life to the service of her people. She remained true to her word – undertaking official duties up… pic.twitter.com/ajU02rnMmu — The Royal Family (@RoyalFamily) April 20, 2026
Avec 79% d’opinions favorables, Elizabeth II reste la personnalité publique la plus aimée du Royaume-Uni selon le baromètre YouGov (nouvelle fenêtre). Elle devance sa belle-petite-fille Kate, devenue princesse de Galles à sa mort, et son petit-fils William, tous deux crédités de 74 et 75% d’avis positifs. Son fils aîné Charles III ne pointe qu’à la neuvième place, avec seulement 47% de soutiens.
Il suffit de se rendre dans les magasins de souvenirs outre-Manche pour voir ces chiffres se matérialiser. Quatre ans après sa disparition (nouvelle fenêtre), les rayons consacrés à la mère du roi n’ont jamais désempli. Ils continuent même de se remplir de nouvelles collections dans les boutiques officielles des Windsor, dont tous les bénéfices permettent la restauration des œuvres d’art et des bâtiments leur appartenant.
L’épineux dossier Andrew
Le centenaire d’Elizabeth II n’échappe pas à la règle et a donné naissance à des pièces de vaisselle inédites. L’exposition sur les tenues de la reine s’est aussi accompagnée de pléthore de produits dérivés. Comptez 5 pounds (un peu moins de 6 euros) pour un stylo en forme de chapeau, 40 (46 euros) pour le catalogue qui est présenté comme « la publication officielle du centenaire »
. Victime de son succès, la billetterie affiche complet en mai, en juin et la moitié du mois de juillet. Comme si l’image d’Elizabeth II avait miraculeusement échappé aux récents scandales ayant entaché les siens ces dernières semaines, à commencer par ceux entourant l’ex-prince Andrew.
Longtemps présenté comme son fils préféré, l’ex-duc d’York est devenu en février le premier membre de la famille royale à être arrêté en quatre siècles. Soupçonné d’avoir transmis des documents confidentiels au pédocriminel américain Jeffrey Epstein, le septuagénaire fait toujours l’objet d’une enquête de police. C’est grâce à un chèque de plusieurs millions de pounds fait par sa mère qu’il avait pu conclure un accord à l’amiable devant un tribunal de New York avec Virginia Giuffre, qui a depuis mis fin à ses jours. Que savait réellement Elizabeth II des accusations de viol contre son cadet ? Les médias britanniques s’interrogent, sans trouver de réponse à leurs questions.
Le très sérieux Oxford Dictionary of National Biography a tranché à sa manière. L’ouvrage de référence sur les personnalités historiques britanniques a modifié début avril l’entrée sur Elizabeth II, précisant qu’elle avait « commis quelques faux pas (en particulier concernant sa famille) »
. D’autres révélations pourraient venir de sa biographie officielle que Buckingham Palace vient tout juste de commander à Anna Keay. L’historienne pourra consulter des documents personnels de la reine et mener des entretiens d’ordinaire inaccessibles. De quoi sceller la fin de certains secrets très bien gardés ?




