- Plusieurs athlètes et anciennes personnalités sportives figurent sur les listes de candidats aux prochaines élections municipales.
- Pour quelles raisons sont-ils prisés par les futurs maires ?
- TF1info a posé la question à Philippe J. Maarek, spécialiste de la communication politique.
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Élections Municipales 2026
Ils constituent une catégorie à part dans les candidats aux élections municipales, ceux que l’on identifie souvent au premier coup d’œil parmi une longue liste de noms inconnus. Ils ont brillé aux Jeux olympiques (le boxeur Sofiane Oumiha, le cycliste Benjamin Thomas), ont porté le maillot de l’équipe de France (les anciens footballeurs Johan Micoud et Yannick Stopyra ou encore le rugbyman David Gérard) ou sont des ex-dirigeants très connus (Jean-Pierre Rivière à l’OGC Nice et Mourad Boudjellal au RC Toulon).
La liste des athlètes ou anciennes personnalités sportives engagées cette année dans la bataille électorale des municipales n’est pas exhaustive, mais témoigne d’un vrai phénomène. Pourquoi ces profils sont-ils particulièrement prisés par les aspirants à l’écharpe de maire.
Un déficit de légitimité des politiques
« C’est surtout un argument d’image »
, pointe auprès de TF1info Philippe J. Maarek, professeur émérite en communication politique à l’Institut d’études politiques de Fontainebleau. « Il y a une décrédibilisation incontestable des partis et des personnalités politiques auprès d’un grand nombre de citoyens. Il est donc clair que de rajouter des personnalités sportives reconnues dans une liste de candidatures compense ce déficit de légitimité »
, développe-t-il ensuite.
Des figures peu clivantes
Une stratégie prisée par toutes les formations politiques pour rassurer et attirer des électeurs peu intéressés par le scrutin. « Ce sont des figures, consensuelles et peu clivantes, sachant que les clivages politiques sont actuellement très forts »
, explique encore Philippe Maarek.
Quand les personnalités sportives remplacent les politiques
L’exemple de Jean-Michel Aulas, l’ancien président du club de football de la ville qui se dit « apolitique » et favori à Lyon après avoir rassemblé le centre et la droite, marque tout de même un changement plus profond selon l’auteur de plusieurs livres, dont Communication et marketing de l’homme politique
(LexisNexis, 2014).
« On a presque un ‘remplacement’ avec une ancienne personnalité du milieu sportif candidate face à des politiques et qui peut paraître plus légitime aux yeux de certains électeurs »
, relève Philippe J. Maarek. L’ancien rugbyman Serge Blanco (nouvelle fenêtre) est lui aussi tête de liste à Biarritz, comme Mohed Altrad (nouvelle fenêtre), le président du club de rugby de Montpellier, qui retente sa chance.
Le sport n’est d’ailleurs pas un domaine anodin dans les élections municipales. Beaucoup de candidats s’en saisissent en proposant par exemple la construction de nouvelles infrastructures comme des stades ou des piscines. « Encore plus que la culture, le sport est un moyen d’agrégation sociale »
, affirme le spécialiste de la communication politique, avant de se livrer à une métaphore historique. « Ce n’est pas nouveau
, ajoute-t-il. Rappelez-vous à Rome, il y a 2.000 ans, on disait ‘du pain et des jeux’. On est exactement dans le même principe. »












