dimanche, juillet 5

« Croire en nous ». C’est ce slogan qu’a choisi le président d’Horizons Édouard Philippe pour sa campagne présidentielle. Il l’a dévoilé ce dimanche 5 juillet à l’Adidas Arena à Paris, où il a tenu son premier meeting de campagne pour la présidentielle de 2027.

Face à 5.000 personnes, selon ses équipes, le candidat a, pendant un peu plus d’une heure, évoqué son programme, son engagement, ses espoirs, mais aussi fustigé ses adversaires.

Son discours, sans grande annonce nouvelle mais avec une promesse de réforme « massive » sur l’école, « clé du redressement français », était censé marquer les esprits et galvaniser les troupes de l’ancien Premier ministre, toujours en avance sondagière sur ses concurrents du bloc central Gabriel Attal (Renaissance) et de droite Bruno Retailleau (LR), et à deux jours de la décision judiciaire qui décidera par ricochet de l’identité du candidat du Rassemblement national, de Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

« Ici, maintenant, nous lançons l’effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Nous allons prendre le pouvoir! », a lancé le maire du Havre devant ses partisans.

Des centaines d’élus présents

En présence, discrète, de son épouse et de sa mère, le candidat n’a pas « exhibé (sa) vie privée »: « Pas le genre de la maison ». D’ailleurs, ses trois enfants n’étaient pas dans la salle. Il n’en a pas moins évoqué ses racines normandes, sa famille, l’école, le regard des autres sur la maladie, notamment sur le vitiligo et l’alopécie dont il est atteint.

Au plan politique, plus d’un millier d’élus étaient présents, selon Horizons. Pour Renaissance, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et son collègue ministre Mathieu Lefevre, en plus de quelques députés (Astrid Panosyan-Bouvet, Marc Ferracci) étaient là. Le ministre LR Nicolas Forissier était également présent, de même que deux députés Modem ou encore le président du Parti radical, Laurent Hénart.

Rien de très nouveau sur le fond, si ce n’est une réponse à l’étiquette du « sang et des larmes » que tente de lui accoler Gabriel Attal. Tout juste « un peu de sueur »: « Je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps », a assuré Édouard Philippe.

« Une refonte massive de l’école »

La France « sait très bien » que « tout n’est pas perdu, pour peu qu’on lui dise la vérité » et « qu’on tienne enfin ce qu’on promet », a-t-il assuré, promettant de « préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants », mais assumant de dire aux retraités qu’ils devront contribuer davantage, « aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu’il faudra travailler plus longtemps » et à l’État » qu’il devra se « serre(r) la ceinture ».

Il a ensuite évoqué « une refonte massive de l’école », « la plus importante peut-être depuis Jules Ferry », souhaitant notamment « que chaque élève de France ait accès à un soutien scolaire universel combinant assistant IA personnalisé et brigades de professeurs, voire d’anciens professeurs et d’étudiants volontaires ».

Édouard Philippe a promis de « remettre de l’ordre dans les affaires de la France »: dans la justice, avec l’application systématique de courtes peines, ou aux frontières, avec des étrangers délinquants expulsés et privés d’aides sociales.

Des tacles aux adversaires

Il a également livré un assez habituel plaidoyer féministe et d’une société qui « se portera mieux lorsque les femmes auront toujours plus les moyens de leur liberté, toujours plus d’autorité dans les décisions collectives ». « Je ne suis pas né avec cette conviction » mais « j’ai la foi du converti » et « je ne lâcherai rien dans ce combat », a-t-il expliqué.

Édouard Philippe n’a pas oublié de cibler ses principaux adversaires, le Rassemblement national et La France insoumise. Le premier taxé d’ambivalence, « social dans le Nord, libéral dans le Sud, porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes, mais gourmand des petits fours à Monte-Carlo ».

LFI ensuite, et sa « prétendue nouvelle France de ceux qui banalisent les délires ethniques ou communautaires » en « faisant le choix de la division communautaire, en flirtant souvent avec l’antisémitisme le plus rance, en nourrissant à dessein la haine du flic, la haine du riche ».

Article original publié sur BFMTV.com

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