- L’OMS a déclenché ce dimanche une alerte internationale face à l’épidémie d’Ebola, qui frappe actuellement la RDC.
- Selon un dernier bilan, 88 décès vraisemblablement dus au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects.
- Absence de vaccin, difficulté d’accès à certaines zones… TF1info fait le point sur les inquiétudes des autorités.
Un virus redoutable, des interrogations et de nombreuses craintes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché, dimanche 17 mai, une alerte internationale face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Le foyer se situe dans l’Ituri, province du nord-est congolais.
Cette dernière est frappée par le variant Bundibugyo, qui présente un taux de létalité très élevé. Selon un dernier bilan de l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) samedi, 88 décès vraisemblablement dus au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects. Le décès d’un Congolais de 59 ans a par ailleurs été signalé en Ouganda voisin. Pourquoi cette épidémie inquiète-t-elle particulièrement les autorités sanitaires internationales ? On fait le point.
De quelle épidémie parle-t-on ?
La RDC a déjà connu de grandes épidémies d’Ebola par le passé. L’épisode le plus meurtrier avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades entre 2018 et 2020. L’épidémie précédente avait fait au moins 34 morts entre août et décembre 2025.
Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique et se transmet par les fluides corporels ou par exposition au sang d’une personne infectée, vivante ou décédée. Cette maladie reste redoutable malgré de récents vaccins et traitements. Mais ces derniers sont uniquement efficaces contre la souche Zaïre, à l’origine de la plupart des épidémies recensées.
Or, c’est la souche Bundibugyo (nouvelle fenêtre) qui est à l’origine de l’épidémie actuelle. Et il n’y a ni vaccin, ni traitement spécifique pour endiguer sa propagation. « De ce fait, cet événement est considéré comme exceptionnel »
, souligne l’OMS dans un communiqué (nouvelle fenêtre).
« Avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu’à 50% »
, avait souligné samedi lors d’une conférence de presse le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba. Selon les autorités sanitaires, le premier cas suspect est un infirmier, qui s’est présenté le 24 avril dans une structure médicale de Bunia, capitale de l’Ituri, avec des symptômes d’infection à Ebola.
Pourquoi les risques de propagation sont-ils importants ?
Outre ce variant inquiétant, la région où se trouve le foyer de l’épidémie est particulièrement délicate. L’épicentre se situe dans l’Ituri, province du nord-est congolais, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Cette région aurifère connaît d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière, augmentant ainsi le risque de propagation.
Par ailleurs, l’accès à certaines parties de la province, en proie à des violences menées par des groupes armés, est difficile pour des raisons sécuritaires. Ainsi, peu d’échantillons ont été testés en laboratoire et les bilans s’appuient majoritairement sur des cas de suspicion.
Un premier cas de contamination a été confirmé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, voisine de l’Ituri, contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23 et frontalière du Rwanda. L’est de la RDC est en proie à des conflits depuis plus de 30 ans et les violences se sont intensifiées début 2025 avec la prise par le M23, soutenu par le Rwanda et son armée, des grandes villes de Goma et Bukavu, face à des forces armées congolaises dépassées.
« L’insécurité persistante, la crise humanitaire, la forte mobilité de la population, le caractère urbain ou périurbain du foyer actuel et l’important réseau de structures de soins informelles aggravent encore le risque de propagation »
, a admis l’OMS dans son communiqué.
Que signifie l’alerte internationale ?
L’épidémie en cours, déclarée par les autorités sanitaires congolaises et internationales vendredi, « constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique »
, a déclaré sur X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. L’USPPI est, depuis 2024, le deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’OMS, derrière celui d’« urgence due à une pandémie »
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