L’alerte était partie de la Mongala. Une zone de santé de cette province avait signalé le décès d’une personne qui avait voyagé à bord du bateau et qui présentait de la fièvre, des diarrhées et des vomissements.
Après avoir quitté l’embarcation, cette personne s’était présentée dans une structure de santé avant de mourir. Aucun prélèvement n’avait été réalisé. Il reste donc impossible de déterminer si elle était atteinte d’Ebola ou d’une autre maladie.
L’alerte reçue par le ministère comportait également une autre information : le bateau était présenté comme venant de Kisangani, une zone concernée par l’épidémie actuelle d’Ebola. Les autorités avaient alors commencé à suivre l’embarcation avant de l’immobiliser à environ 65 kilomètres de Kinshasa. Le ministre rappelle que l’alerte avait été déclenchée par le ministère lui-même à travers son système de surveillance.
Une erreur sur la provenance du bateau
Après l’interception, les informations recueillies auprès du commandant, de l’équipage et des passagers ont permis de préciser le parcours de l’embarcation.
Le bateau n’était jamais parti de Kisangani. Il venait de la Mongala, une province qui n’est pas touchée par l’épidémie actuelle.
Roger Kamba reconnaît clairement l’origine de cette mauvaise information : « L’erreur, c’était le système de surveillance qui nous a alertés, qui avait pensé que le bateau venait de Kisangani. »
L’erreur portait donc sur la provenance de l’embarcation, et non sur l’existence du signalement sanitaire initial. Une personne présentant plusieurs symptômes avait bien été signalée puis était décédée après avoir quitté le bateau.
Les autorités ont donc poursuivi les vérifications.
Sept personnes testées négatives, le bateau libéré
Sept passagers qui présentaient des symptômes ont été prélevés. « Nous les avons quand même testés et les tests sont tous revenus négatifs », indique Roger Kamba.
Le temps écoulé a également pesé dans la décision des autorités. Au moment où il a été immobilisé, le bateau naviguait déjà depuis plus de 21 jours depuis son départ de la Mongala. Le ministre estime que la période de surveillance était dès lors dépassée.
Le bateau et ses occupants ont été libérés vendredi. Aucun cas d’Ebola n’a été détecté parmi les personnes qui se trouvaient à bord.
Quatre décès avaient par ailleurs été enregistrés au cours du voyage : un nouveau-né, un enfant de trois ans et deux adultes. Selon Roger Kamba, aucun n’est lié à Ebola.
Une incertitude demeure seulement concernant la personne décédée dans la Mongala et à l’origine de l’alerte, puisqu’elle n’avait pas été prélevée.
Le ministre affirme par ailleurs qu’aucun cas d’Ebola n’a été détecté à Kinshasa. « Il n’y a pas de cas d’Ebola à Kinshasa », insiste-t-il, assurant que tout cas éventuellement détecté serait annoncé par les autorités sanitaires.
Une surveillance fluviale désormais permanente
Si l’épisode du bateau est clos, le dispositif installé à 65 kilomètres de Kinshasa va rester en place.
Les autorités ont décidé d’y contrôler les embarcations qui descendent vers la capitale. Deux barges avaient déjà été inspectées samedi, selon le ministre.
« C’est un système qui est maintenant permanent à soixante-cinq kilomètres de Kinshasa », explique Roger Kamba.
Le positionnement du contrôle en amont doit permettre d’examiner les bateaux avant leur arrivée dans les différents ports de la capitale.
Le ministère prévoit également de renforcer la collecte d’informations sur les voyages fluviaux. Un formulaire doit être mis en place pour permettre aux responsables des embarcations et aux marins de signaler leur départ, le nombre de personnes à bord ainsi que d’éventuels événements de santé publique survenus pendant le trajet.
L’alerte autour de ce bateau se termine donc sans cas d’Ebola détecté. Mais l’épisode aura mis en évidence une erreur dans la transmission de l’information sur sa provenance et débouche désormais sur un dispositif permanent de surveillance sanitaire des bateaux avant leur arrivée à Kinshasa.
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