- Les États-Unis sont l’un des rares pays à autoriser l' »optimisation génétique ».
- En pratique, des laboratoires proposent de tester la génétique de futurs bébés et les embryons qui présenteraient des pathologies sont écartés.
- Une équipe de TF1 a recueilli le témoignage de parents qui ont fait appel à ces services.
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Le 20H
S’assurer que son bébé est en pleine santé avant même sa naissance. Aux États-Unis, l’un des rares pays à autoriser l' »optimisation génétique », le rêve est devenu réalité moyennant 30.000 dollars. Roshan et Julie George n’ont pas hésité à faire tester en laboratoire les 12 embryons de leur fécondation in vitro. « Là, vous pouvez voir tout ce qui a été testé, malformation à la naissance, cancer, problème du développement cérébral mais ce qui nous intéressait surtout c’était ce variant qui court dans la famille, le GJB2 »,
détaille devant son écran d’ordinateur ce client de la clinique Orchid Health de San Francisco, évoquant une condition génétique qui donnait une chance sur quatre à leur futur bébé de souffrir de surdité. « Vous ne voulez pas que vos enfants ne puissent pas profiter de la vie parce qu’ils sont malades. Vous voulez leur donner la meilleure chance au départ »,
poursuit-il dans le reportage en tête de cet article. « Quand on a lu ce rapport ça nous a rassurés, on s’est dit que tout allait bien se passer ».
Le couple de Californiens prévoit déjà de piocher dans ses embryons restants pour son prochain enfant.
Des start-up qui fleurissent dans la Silicon Valley
De plus en plus d’Américains optent pour ces embryons à la carte pour choisir un bébé 100% sain. « Nucleus Embryo un outil d’optimisation génétique pour aider les parents à donner à leurs enfants les meilleures chances dans la vie »,
promet le spot publicitaire de l’une de ces start-up qui promeut l’« optimisation génétique »
et
qui fleurissent dans la Silicon Valley depuis une dizaine d’années.
Ces dernières sont soutenues notamment par le mouvement pro-nataliste obsédé par la reproduction, comme sa figure Elon Musk, père d’au moins 14 enfants. Selon ce dernier, « on risque l’effondrement démographique ».
Pour s’assurer à l’avance de la pleine santé de sa progéniture, le milliardaire s’est tourné vers cette entreprise de biotechnologie.
Pour voir comment ça fonctionne, une de nos équipes s’est rendue dans le laboratoire Orchid Health de Raleigh en Caroline du Nord, qui reçoit des échantillons d’ADN de tout le pays et même du monde entier. Chaque jour, l’équipe en reçoit plus d’une douzaine. « Parfois on a plusieurs patientes sur une seule palette, donc il faut bien les prendre dans l’ordre pour éviter les erreurs »,
explique Qinnan Zhang, chercheuse au sein du laboratoire. Les prélèvements de placentas des patientes passent immédiatement entre les mains de chercheurs. Une fois l’ADN extrait de ces cellules, il est scanné par des machines qui permettent de détecter si les embryons sont porteurs de plus de 1.200 maladies génétiques comme le diabète ou le cancer du sein. Selon le directeur du laboratoire, Yuntao Xia, les tests sont quasiment 100% fiables. Pour lui, même certains troubles mentaux appartiendront bientôt au passé. « On sait qu’un tiers des causes de l’autisme sont génétiques, grâce à notre méthode on pourra bientôt l’éliminer totalement »,
explique ce dernier.
En cherchant à vaincre la maladie en supprimant le malade, la fondatrice de cette start-up qui a levé 12 millions de dollars voit tout simplement une forme de prévention. « Avec le vaccin on a éradiqué la polio par exemple, la prévention a toujours mieux marché que le traitement et maintenant les parents vont pouvoir éviter des milliers de maladies génétiques pour lesquelles on n’a pas de traitement »,
avance cette dernière, Noor Siddiqui.
Mais ces technologies empruntent-elles la pente glissante de l’eugénisme ? Certaines entreprises proposent désormais de prédire la couleur de cheveux et même le QI de votre futur enfant.










