- L’enquête pour traquer la fraude s’inscrit dans le cadre du projet de loi contre la fraude sociale.
- Faut-il aller jusqu’à « fliquer » les chômeurs pour contrôler leurs droits ou faut-il privilégier des méthodes moins intrusives ?
- Les chroniqueurs de « Bonjour ! Avec vous » en débattent en plateau.
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Bonjour ! La Matinale TF1
Dans le cadre du projet de loi contre la fraude sociale, une nouveauté est envisagée pour France Travail. Leurs enquêteurs pourraient bientôt avoir accès aux données téléphoniques des chercheurs d’emploi. Pourquoi ? Pour les géolocaliser, vérifier qu’ils vivent bien en France et qu’ils ne touchent pas indûment des aides alors qu’ils travaillent potentiellement à l’étranger. La mesure a été votée au Sénat, mais les discussions ne sont pas terminées. Des débats vont s’ouvrir sur le sujet à l’Assemblée nationale.
« Bonjour ! Avec vous » s’intéresse à cette question et vous interroge donc : faut-il fliquer les chômeurs ? Sur le plateau, les avis des chroniqueurs sont partagés. Quant aux téléspectateurs, ils sont 75% à penser que oui.
Une fraude à 14 milliards d’euros
Un rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale (nouvelle fenêtre) estime la fraude sociale à 14 milliards d’euros en 2025. 52% de ces milliards d’euros sont liés au travail dissimulé, 12% aux professionnels de santé et 36% aux assurés sociaux. Une somme gigantesque à traquer et récupérer. Pour autant, Bénédicte Le Chatelier ne l’entend pas de cette oreille et argumente : « Ça suffit les présomptions de culpabilité. On est toujours en train de stigmatiser les chômeurs. »
Si la chroniqueuse reconnaît que la fraude sociale est conséquente, elle met l’accent sur ce qui est visé par cette mesure discutée au Parlement : la fraude à la résidence. Il s’agit de faire croire qu’on habite en France. Si l’on est inscrit à France Travail, on doit résider sur le territoire national ou prévenir qu’on va travailler à l’étranger. « La fraude aux prestations chômage, c’est 146 millions d’euros en 2025. 66 millions pour la fraude à la résidence ou le travail à l’étranger. Donc ça représente une soixantaine de millions d’euros pour l’instant de ce qui a été repéré »
, relève-t-elle.
Comment repère-t-on les fraudeurs aujourd’hui ?
Selon Cécile de Ménibus, on ne peut pas réellement parler de stigmatisation des chômeurs. Et pour cause, « ce qui alerte aujourd’hui France Travail sur la fraude à la résidence, ça vient d’un signalement interne. Un conseiller France Travail qui, par exemple, vous convoque une fois, deux fois, trois fois. Au bout de la troisième fois, effectivement, il mène une enquête »
, note-t-elle. Les investigations ne sont donc pas menées au hasard. Le service des enquêteurs de France Travail cible les personnes qu’ils suspectent de frauder.
Lorsque l’on s’inscrit à France Travail, on signe un contrat avec l’administration. « On s’engage à se présenter au rendez-vous. On s’engage à s’impliquer dans sa recherche d’emploi. Et effectivement, en cas de non-respect du contrat, on peut perdre ses allocations ou être radié »
, énumère Julie Tomeï.












