« Ce fut une véritable démonstration d’abus et de colère, aux yeux de tous, déchaînée et incontrôlable ». Quelques heures seulement après des promesses de désescalade à Minneapolis, marquée depuis le 24 janvier par la mort d’Alex Pretti lors d’une manifestation contre la politique anti-immigration de Donald Trump, le président américain revient à la charge ce vendredi 30 janvier.
Sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison Blanche qualifie Alex Pretti d' »agitateur » et « peut être d’insurgé ».
« Alex Pretti a perdu beaucoup de crédit avec la vidéo qui vient d’être diffusée, dans laquelle on le voit crier et cracher au visage d’un agent de l’ICE très calme et maître de lui, puis donner des coups de pied frénétiques dans un véhicule gouvernemental neuf et très coûteux, avec une telle violence que le feu arrière s’est brisé en morceaux ».
Selon Donald Trump, en face, « l’agent de l’ICE est resté calme et serein, ce qui n’est pas facile dans de telles circonstances ».
Insultes et crachat
Sur les images de The News Movement, on peut voir Alex Pretti hurler sur des agents fédéraux de l’immigration positionnés à un carrefour. L’infirmier de 37 ans les insulte et crache sur l’un d’entre eux, selon le New York Times. Alors que les policiers remontent dans leur véhicule et s’apprêtent à repartir, il donne deux coups de pied qui brisent le feu arrière droit du SUV. L’un des agents en descend aussitôt pour empoigner Alex Pretti et l’amener au sol.
Alex Pretti est ensuite maintenu à terre par plusieurs agents pendant une vingtaine de secondes avant d’être relâché. Selon CNN, une de ses côtes a été brisée dans l’altercation.
Les proches de l’infirmier ont confirmé l’incident. « Une semaine avant qu’Alex ne soit abattu en pleine rue — alors qu’il ne représentait aucune menace —, il avait été violemment agressé » par des agents fédéraux, a réagi Steve Schleicher, l’avocat de sa famille, dans un communiqué. « Rien de ce qui s’est passé une semaine auparavant ne pouvait justifier le meurtre d’Alex », a-t-il ajouté.
Alex Pretti est mort samedi 24 janvier tué par des tirs de la police des frontières américaine (CBP), qui intervient en soutien des opérations de l’ICE. Deux agents fédéraux ont ouvert le feu, le blessant mortellement, a indiqué ce mercredi un rapport du ministère de la Sécurité intérieure remis. Ces deux mêmes agents ont ensuite été suspendus, d’après le New York Times.
Alex Pretti portait de manière légale un pistolet sur lui, ce dont certains responsables de l’administration américaine se sont servis pour défendre l’action des forces de l’ordre. « Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes » à une manifestation, a soutenu dimanche sur Fox News la ministre de la Sécurité nationale Kristi Noem, qui avait accusé Alex Pretti de « terrorisme ».
Article original publié sur BFMTV.com













