Le Royaume-Uni a défendu mardi 20 janvier sa décision de restituer à l’île Maurice l’archipel des Chagos, siège d’une base militaire américaine, après que Donald Trump l’a qualifiée de « grande stupidité », dans une nouvelle attaque verbale contre l’un de ses plus proches alliés.
Cette critique, faite alors que l’administration Trump avait précédemment approuvé la décision britannique, intervient au moment où Donald Trump menace de rallumer une guerre commerciale avec l’Europe en raison de l’opposition européenne à sa volonté de prendre possession du Groenland.
« Le fait que le Royaume-Uni abandonne une terre extrêmement importante est un acte de GRANDE STUPIDITE, et s’ajoute à une très longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis », a affirmé Donald Trump sur son réseau Truth Social.
« De façon stupéfiante, notre “brillant” allié de l’OTAN, le Royaume-Uni, envisage actuellement de céder l’île de Diego Garcia, site d’une base militaire américaine vitale, à Maurice, et de le faire SANS AUCUNE RAISON », a écrit Trump.
Vance avait approuvé l’accord
Londres a immédiatement défendu sa décision. Un porte-parole de Downing Street a affirmé dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP) que l’accord « garantit le fonctionnement de la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia pour des générations, grâce à des dispositions solides visant à préserver ses capacités uniques et à empêcher toute intrusion de nos adversaires ». Il rappelle par ailleurs que l’accord « a été publiquement salué par les Etats-Unis, l’Australie et tous les autres alliés du groupe des Five Eyes (Canada, Nouvelle-Zélande), ainsi que par des partenaires internationaux clés, dont l’Inde, le Japon et la Corée du Sud ».
L’accord de restitution des Chagos a été signé par Londres en mai 2025. Selon ce texte, le Royaume-Uni restitue les Chagos à Maurice mais conserve un bail de 99 ans sur l’île principale, Diego Garcia, afin de maintenir une base militaire américano-britannique dans cette région stratégique.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait salué à l’époque sur X un accord qui « assure une exploitation à long terme, stable, et efficace » de la base de Diego Garcia « essentielle pour la sécurité régionale et mondiale ». Mais dans un contre-pied spectaculaire, Donald Trump semble remettre en question ce soutien, malgré l’appel au dialogue avec les Etats-Unis lancé au sujet du Groenland par le premier ministre Keir Starmer.
Le dirigeant travailliste s’est toujours efforcé de ménager les relations avec le républicain, même si le président américain et son administration critiquent régulièrement sa politique migratoire ou dénoncent des atteintes à la liberté d’expression au Royaume-Uni. Dressant un parallèle entre l’archipel des Chagos et le Groenland, Donald Trump a ajouté sur Truth Social : « le Danemark et ses alliés européens doivent FAIRE CE QUI S’IMPOSE ».
Trump soutenu par les conservateurs britanniques
Au Royaume-Uni, où l’accord sur les Chagos avait été très critiqué par l’opposition, certains se réjouissent des déclarations du président américain. « Dieu merci, Trump s’oppose à l’abandon des îles Chagos », a réagi le chef du parti anti-immigration Nigel Farage sur X.
« Le président Trump a dit ce que nous répétons depuis toujours : la capitulation sur les Chagos pour 35 milliards de livres proposée par le Labour est un mauvais accord pour le Royaume-Uni et pour notre sécurité nationale », a également affirmé la porte-parole du parti conservateur sur les questions diplomatiques Priti Patel.
Londres a conservé le contrôle des îles Chagos lorsque Maurice a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1968. Environ 2 000 habitants de l’archipel ont été expulsés dans les années suivantes, notamment de Diego Garcia, où est installée la base militaire.
En 2019, l’Assemblée générale de l’ONU avait demandé au Royaume-Uni de rétrocéder sous six mois à l’île Maurice l’archipel des Chagos, après une décision dans le même sens de la Cour internationale de justice.
« Le traité a été signé avec le gouvernement mauricien. Nous ne pouvons pas revenir en arrière », et le Parlement britannique, où le texte est actuellement examiné « ne peut pas annuler (sa) signature », a réagi le secrétaire d’Etat aux relations intergouvernementales, Darren Jones, sur « Times radio ».












