« Ça me touche énormément, ce qu’il se passe est grave ». Sur BFMTV, Latifa Ibn Ziaten, présidente de l’association « Imad » en faveur de la jeunesse et de la paix et mère de la première victime de Mohammed Merah en mars 2012, répond ce mardi 8 septembre au Rassemblement national et sa volonté d’interdire le « voile islamiste », dont le hijab, dans l’espace public en cas d’accession au pouvoir, via un référendum proposé aux Français.
« Ce qu’ils présentent est un danger, je ne sais pas pourquoi on touche à la liberté de la personne, des femmes. S’il faut choisir ce qu’il faut mettre pour sortir, ça devient très grave », regrette-t-elle.
Selon Latifa Ibn Ziaten, le RN « ne respecte pas les femmes ». Elle poursuit: « Ça m’a fait trop mal parce que je n’ai pas connu la France comme ça, pratiquement 53 ans que je vis ici, j’aime ce pays et plus on va, plus la haine monte, le racisme », confie-t-elle sur BFMTV.
À l’inverse, Latifa Ibn Ziaten se prononce toujours contre l’abaya à l’école, à contre-courant de LFI qui a annoncé ce week-end vouloir l’autoriser à nouveau en cas d’accession au pouvoir. « Non je ne suis pas d’accord pour autoriser l’abaya à l’école », explique-t-elle. De même, elle se prononce « contre la burqa, c’est tout à fait normal, on ne voit pas le visage ».
« Son voile ne rentre pas dans la définition du voile islamiste »
Interrogé à nouveau sur cette mesure qui a fait vivement réagir la semaine dernière, aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, le RN affirme ce mardi faire la distinction entre « une doctrine culturelle ou religieuse » et « un symbole, le voile islamiste, définit par les Frères musulmans et la Révolution islamiste en Iran », par la voix de Jean-Philippe Tanguy sur BFMTV-RMC.
« Son voile ne rentre pas dans la définition du voile islamiste », a par ailleurs déclaré le député de la Somme sur notre antenne ce mardi matin interrogé au sujet du foulard porté par Latifa Ibn Ziaten.
Marine Le Pen a confirmé le 31 août qu’elle proposerait « aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public ».
Le parti frontiste affirmait ne pas s’attaquer à « un symbole religieux » mais celui d’une « idéologie ». Une proposition critiquée de toute part, de Bruno Retailleau à La France insoumise, à la fois comme une atteinte à la liberté religieuse et pour son applicabilité pratique par les policiers.
Article original publié sur BFMTV.com

