- La France rend hommage ce mardi 14 juillet aux 86 victimes de l’attentat perpétré dix ans plus tôt sur la Promenade des Anglais de Nice, faisant basculer la fête en une nuit d’horreur.
- Si l’assaillant a été tué sur place, huit complices ont été jugés et condamnés ces dernières années, à des peines allant jusqu’à 18 ans de prison.
- Une information judiciaire a également été ouverte pour évaluer le dispositif de sécurité déployé ce soir-là.
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Le procès de l’attentat de Nice
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Un rameau d’olivier déposé sur 86 chaises vides face à la mer, une pour chaque vie emportée par la tragédie. Dix ans après, Nice rend hommage ce mardi soir aux victimes de l’attentat au camion-bélier (nouvelle fenêtre) survenu sur l’artère emblématique de la ville, la Promenade des Anglais, en pleines festivités du 14-Juillet. Une minute de silence est aussi prévue lors de la demi-finale des Bleus au Mondial de foot (nouvelle fenêtre). Si le conducteur a été tué sur place, huit complices n’ont quant à eux pas échappé à la justice et ont été condamnés ces dernières années. Mais l’enquête sur la sécurisation du site ce soir-là est, elle, toujours en cours.
Le 14 juillet 2016, un ressortissant tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, monte à bord d’un camion de 19 tonnes et fonce dans la foule réunie sur la promenade des Anglais, venue assister au feu d’artifice de la fête nationale. Au total, 86 personnes ont perdu la vie (nouvelle fenêtre), dont des familles entières décimées, et plus de 400 autres ont été blessées. Il a été abattu sur place par les forces de l’ordre.
Une « inspiration terroriste évidente », plusieurs complices devant la justice
L’attentat avait alors été revendiqué par l’organisation État islamique, mais les enquêteurs ont conclu qu’aucun lien n’a pu être mis en évidence entre le mouvement jihadiste et Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Pour autant, cet acte était guidé par « une inspiration terroriste évidente »
et les violences « s’inscrivaient incontestablement dans une visée terroriste »
, a estimé la cour d’assises spéciale de Paris lors du procès sur l’attentat, qui s’est ouvert le 5 septembre 2022 (nouvelle fenêtre).
Si l’assaillant a agi seul, « des personnes de son entourage pouvaient être impliquées dans ce projet au stade de sa conception, de sa préparation ou de sa finalisation »
, a-t-elle aussi déclaré. En l’absence de l’auteur du carnage, huit complices ont ainsi été poursuivis et jugés. Tous ont été condamnés, à des peines allant de deux à 18 ans d’emprisonnement (nouvelle fenêtre).
Les sanctions les plus lourdes ont visé deux hommes, Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud, reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste. Le premier avait par exemple acheté une voiture à Mohamed Lahouaiej Bouhlel, la veille de l’attentat. Il « savait »
alors qu’il « contribuait à la préparation d’un acte terroriste »
, selon la cour. Le second pouvait être lui considéré « comme un véritable inspirateur de l’attentat (…) dans le choix
de son mode opératoire
(nouvelle fenêtre)«
, en suggérant à l’auteur de l’attaque d’utiliser « un camion comme arme de destruction »
.
Les peines les plus sévères confirmées en appel
Un troisième accusé, Ramzi Arefa, a lui été condamné à douze ans de réclusion pour association de malfaiteurs, sans qualification terroriste, et trafic d’armes. Il avait reconnu avoir fourni un pistolet semi-automatique au tueur, qui s’en était servi le soir de l’attentat sans toutefois faire de blessés. Les cinq autres, quatre hommes et une femme, ont eux été reconnus coupables de délits de droit commun, dont trafic d’armes ou association de malfaiteurs également, et condamnés à des peines de deux à huit ans d’emprisonnement. Ces six accusés n’ont pas fait appel.
En revanche, Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud ont décidé de contester leurs sanctions (nouvelle fenêtre). Mais lors de leur procès en appel, la cour d’assises spéciale de Paris a confirmé les peines prononcées en première instance (nouvelle fenêtre), y ajoutant même une période de sureté des deux tiers. Tous deux ont bien apporté « un soutien logistique et idéologique »
à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a-t-elle conclu.
Les deux hommes ont alors voulu se pourvoir en cassation, mais en vain là aussi. En février dernier, la juridiction a refusé ce pourvoi et rendu donc définitives leurs condamnations à 18 ans de réclusion criminelle et la période de sûreté. Ce dossier judiciaire est désormais complètement refermé.
Des perquisitions menées dans le cadre de l’enquête sur la sécurité du lieu
Un autre volet est toutefois toujours en cours, une enquête portant cette fois sur le niveau de sécurisation du site (nouvelle fenêtre) ce soir-là. De nombreuses victimes ont réclamé de longue date un procès des responsables du dispositif prévu autour du feu d’artifice, estimant que les mesures prises étaient très insuffisantes.
Les choses ne se sont accélérées que ces dernières années, avec l’ouverture d’une information judiciaire pour homicides involontaires, blessures involontaires, mise en danger d’autrui ou encore faux en écriture publique. Elle a été confiée à un pôle spécialisé du parquet de Marseille, après avoir été dépaysée de Nice (nouvelle fenêtre) début 2024. Dans ce cadre, de toutes premières perquisitions ont eu lieu début juin dans de nombreux locaux institutionnels de la ville : la préfecture, des locaux de la police nationale et de la police municipale ainsi que la mairie, a détaillé cette source judiciaire. L’objectif était notamment de vérifier si le dispositif de sécurité décrit après coup avait bien été réellement mis en place ce soir-là.
Quatre personnes ont par ailleurs été placées sous statut de témoin assisté dans ce dossier. Il s’agit de l’ancien préfet Adolphe Colrat, son directeur de cabinet de l’époque François-Xavier Lauch, l’ancien maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), à l’époque premier adjoint chargé de la sécurité, et son ancien premier adjoint, qui le remplaçait alors à la mairie à ce moment-là, en raison d’un cumul de mandats. Les parties civiles, elles, attendent des réponses de pied ferme.











