- Disparue depuis le vendredi 29 mai, la jeune Lyhanna, 11 ans, demeure introuvable.
- Les recherches se poursuivent dans le secteur de Fleurance, où elle a été vue pour la dernière fois et après que le père de l’une de ses amies a été mis en examen.
- Magistrat honoraire, ancien juge d’instruction, procureur de la République et procureur général, Jacques Dallest a réagi à cette affaire sur LCI.
Suivez la couverture complète
L’inquiétante disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers
Il est le créateur du pôle « Cold Cases » de Nanterre et ne peut être, comme tout le monde aujourd’hui, insensible à cette affaire. Invité ce mercredi 3 juin sur LCI, Jacques Dallest, ancien juge d’instruction, procureur de la République et procureur général et désormais magistrat honoraire, a réagi suite à la disparition de Lyhanna, 11 ans, le 29 mai à Fleurance dans le Gers et aux recherches menées, à la mise en examen d’un suspect, Jérôme B., et aux révélations qui ont paru dans la presse après que celui-ci a été écroué.
Interrogé sur les importants moyens déployés sur le terrain pour tenter de retrouver l’enfant, le magistrat a rappelé que les recherches n’étaient pas forcément évidentes car le secteur était fait de « forêts »
et « d’espaces aquatiques »
notamment. « Évidemment, ça suppose un gros dispositif avec aussi un espoir d’avoir aussi un peu de chance pour peut-être arriver à quelque chose. Le problème, c’est que plus le temps court, plus le risque de décès est probable »
, a regretté Jacques Dallest sur notre antenne.
La pluie a pu « détruire des indices »
Concernant les délais que pouvaient prendre les recherches avant de retrouver la victime, l’ancien juge d’instruction a évoqué, sans jamais être fataliste, les disparitions de Lina Delsarte, 15 ans, ou encore de la joggeuse Agathe Hilairet pour rappeler que ces affaires d’enlèvement étaient « très compliquées »
à gérer.
« Là, on sait à peu près à l’endroit où elle aurait été laissée par le mis en examen qui conteste toute responsabilité dans sa disparition. Après, le périmètre est extrêmement grand… Peut-être que les indices retrouvés chez l’intéressé ou tout autour vont guider (les enquêteurs, ndlr)
. Mais il arrive qu’il faille attendre des mois avant de retrouver quelque chose »
, a souligné le magistrat, précisant que la pluie récente avait pu « détruire des indices, ensevelir quelque chose »
et que cela était un « problème ».
« Pourquoi autant de mois pour déclencher une enquête »?
Concernant la plainte pour « viols sur mineure de moins de 15 ans » déposée le 22 août 2025 à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne, à l’encontre de Jérôme B., et les délais surréalistes – neuf mois entre cette plainte et sa transmission à la gendarmerie de Fleurance en janvier dernier – qui ont suivi, notamment sur le transfert et les transmissions de ce dossier, Jacques Dallest s’est interrogé. « On a du mal à comprendre pourquoi il a fallu autant de mois pour déclencher l’enquête. Et même depuis le mois de janvier, ça fait déjà beaucoup »
, a pointé le magistrat avant de faire part de son « inquiétude ».
« Je suis inquiet quand même quand on sait ce que l’on sait de ce genre de profil et avec les six jours qui se sont écoulés. J’ai bien peur que… Il faudrait supposer qu’elle soit séquestrée chez une personne, qu’elle soit attachée quelque part, ou qu’une tierce personne la séquestre, ce qui est quand même assez complexe. Mais on doit toujours garder ça en tête »
, a reconnu Jacques Dallest.
Mis en examen lundi 1ᵉʳ juin, Jérôme B., 41 ans, père de deux filles dont l’une est une amie de Lyhanna, avait été également, avant cette plainte, sanctionné par une exclusion pour comportement inapproprié dans un lycée. De quoi interpeller l’opinion.
Ce mercredi après-midi, lors des questions à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a été interpellé sur les éventuels dysfonctionnements dans ce dossier. Il a annoncé qu’une enquête administrative avait été diligentée et qu’elle avait été confiée à l’inspection générale de la justice.











