« La bureaucratie gouvernementale française a traversé deux années de stress aigu » depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, en 2024, commente La Vanguardia. Toutefois, « cela ne devrait pas justifier » qu’il y ait eu, depuis octobre 2025, deux suicides et deux tentatives de suicide ainsi qu’une « mort suspecte » parmi les fonctionnaires travaillant au sein des services de Matignon, poursuit le quotidien espagnol.
Lundi 3 août, France Inter, « la radio la plus écoutée du pays », révélait l’existence d’un signalement datant de juin et faisant état de ces décès et de ces tentatives de suicide, rapporte depuis Madrid le journal ABC.
Le signalement, effectué par un collègue en vertu de l’article 40 du Code pénal – qui oblige les agents de l’État à signaler tout délit dont ils ont connaissance –, désigne comme « victime principale » une fonctionnaire travaillant dans le service de la correspondance du Premier ministre. Celle-ci a tenté de mettre fin à ses jours en avril après avoir été « invisibilisée » durant des mois, rapporte la presse étrangère. « Elle n’était plus conviée aux réunions, elle a été retirée de l’organigramme, elle n’était plus rien. Elle était moquée, conspuée comme dans un harcèlement scolaire, mise au ban », a détaillé sur le service public son avocate, Me Christelle Zappa.
Une « valse constante » de collaborateurs
Le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert une enquête préliminaire. En parallèle du signalement, la fonctionnaire concernée a déposé plainte pour « harcèlement moral ». « Trois enquêtes internes à l’administration ont aussi été ouvertes sur des cas particuliers et plus généralement sur le bien-être au travail », rapporte le quotidien britannique The Guardian, qui explique que les allégations de harcèlement au travail concernent « des dizaines de départements et services du gouvernement » relevant de la tutelle du Premier ministre. Le signalement met en cause quatre personnes.
La situation « traduit une atmosphère de travail toxique à Matignon », observe ABC. « Même s’il n’est pas possible d’établir une relation de cause à effet, il serait logique de déduire que l’instabilité politique à compter de juin 2024 a contribué au mal-être des fonctionnaires, en raison des incessants changements de responsables et de directives », analyse de son côté La Vanguardia.
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