À La Réunion comme à Mayotte, la détection de nouveaux cas de mpox ravive le souvenir de crises sanitaires mal anticipées et replace les territoires ultramarins en première ligne de la vigilance épidémique.
Après l’identification d’un premier cas à La Réunion, puis de deux autres à Mayotte cette semaine, la députée réunionnaise Karine Lebon a interpellé le gouvernement, comme le rapporte La Première Réunion. En cause : la crainte que l’alerte soit minimisée, alors même que le virus circule dans l’océan Indien et que les liaisons régionales restent nombreuses. Pour l’élue, appeler à la vigilance ne suffit pas : encore faut-il des moyens immédiatement mobilisables et une organisation prête à monter en puissance.
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Cette inquiétude est nourrie par l’expérience récente. Lors de la crise du Covid, La Réunion avait subi des retards logistiques et des décisions tardives. Karine Lebon dit vouloir éviter que le scénario ne se répète : un virus peu visible au départ, puis une réponse qui arrive trop lentement.
Face à ces alertes, le gouvernement assure que le dispositif est en place. La ministre de la Santé affirme que les cas identifiés ont été isolés, que les enquêtes sanitaires n’ont pas révélé de circulation active du virus et que les stocks de vaccins et de tests sont disponibles. La vaccination ciblée, notamment pour les cas contacts et les personnes vulnérables, pourrait être déployée rapidement si nécessaire.
À Mayotte, l’Agence régionale de santé évoque une contamination intrafamiliale liée à un voyage à Madagascar et affirme avoir enclenché sans délai les mesures de suivi. Les autorités rappellent que le mpox se transmet essentiellement par des contacts physiques étroits et prolongés, appelant la population à rester attentive aux symptômes.
Si le mpox n’est plus classé comme une urgence de santé publique mondiale, il reste un marqueur sensible dans les territoires insulaires, où chaque signal sanitaire prend une dimension politique. Plus que le nombre de cas, c’est la capacité d’anticipation qui est désormais scrutée.
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