- Lundi 2 février, un camion a perdu une roue dans un tunnel de Rouen, mettant en danger des dizaines d’automobilistes.
- Selon la Sécurité routière, près d’un accident mortel sur cinq est en partie causé par un véhicule en mauvais état.
- Dans le JT de TF1, des garagistes déplorent un défaut d’entretien de la part de nombreuses entreprises.
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Le 20H
Un pneu de camion en roue libre sur la chaussée, rebondissant entre les voitures avant d’être projeté sur le pare-chocs d’un véhicule : devant les images de cet accident survenu lundi 2 février à Rouen, Eric Lizak fait la grimace. « Avant la perte de la roue, il y a quand même des signes avant-coureurs : il y a des vibrations, il y a des claquements »
, pointe ce garagiste spécialisé dans la réparation de poids lourds, dans le reportage du 20H en tête de cet article.
Moins d’entretien des véhicules
Le professionnel n’est cependant pas très étonné par cet accident survenu dans un tunnel rouennais, ne causant heureusement que des dégâts matériels, et dont les vidéos amateurs ont abondamment ciculé sur les réseaux. Selon lui, certains propriétaires de camions ne sont pas assez regardants sur l’entretien de leur flotte. « On voit beaucoup de véhicules qui sont moins entretenus »
, affirme-t-il. Depuis une dizaine d’années, il constate en effet que de plus en plus d’entreprises attendent le dernier moment pour faire réparer leurs camions.
1.000 euros pour changer un pneu
Il faut dire que le coût d’une réparation a augmenté de plus de 25% en cinq ans. Il faut désormais compter 1.000 euros pour changer un seul pneu haut de gamme, et 800 euros pour des plaquettes de frein. Devant les devis, les clients reculent parfois, obligeant les garagistes à insister : « Si on contrôle un véhicule et qu’il y a un problème de freinage, on ne le laissera pas repartir. Après, c’est vrai qu’on rentre en conflit avec le client, mais on ne peut pas se permettre de laisser partir un véhicule qui n’a pas de frein ou qui peut être dangereux sur la route »,
insiste Eric Lizak.
« L’écrou, s’il est serré, il est serré »
L’accident survenu à Rouen surprend cependant James Aude, responsable après-vente du groupe Gorrias Mercedes en Normandie :
selon lui, un pneu de poids lourd « ne se desserre pas avec l’inertie ou la vitesse. L’écrou, s’il est serré, il est serré. Les véhicules peuvent faire jusqu’à plus de 100.000 km sans intervenir dessus, donc normalement, ça n’a pas lieu de bouger. Je pense que ça a été mal serré à la base ».
C’est pour éviter ce genre de déconvenue que Jérôme, routier, contrôle régulièrement le serrage des roues de ses remorques : « On a l’habitude de faire un petit tour le matin
, explique-t-il au micro de TF1. Ça ne coûte rien, et ça prend deux secondes. »
Tous les véhicules de plus de trois tonnes et demie sont en théorie soumis à un contrôle technique obligatoire annuellement, contre tous les deux ans pour les voitures.












